Cet épisode fait suite au précédent intitulé Les filières énergétiques pour les sports d'endurance. Sébastien va davantage dans le détail pour nous expliquer de quels leviers dispose un sportif pour optimiser son utilisation énergétique à l'effort. Cela permet d'améliorer ses performances pour progresser. Plus on économise ses stocks de glycogène et on mobilise ses réserves lipidiques, plus on est performant pour les moments d'intensité. Cela permet d'éviter le fameux moment du "mur". Mais ce sujet n'est pas réservé qu'aux aguerris : le travail de sa propre lipolyse permet d'améliorer sa résistance à l'insuline. A la clé, avec du travail, on obtient une belle flexibilité métabolique ! Sébastien nous explique également le concept de sleep-low, train-low, et recommande la lecture du livre de Fabrice Kuhn : Ultra performance - Dépassez vos limites avec l'entraînement à glycogène bas

Sébastien nous explique aujourd'hui les différents substrats énergétiques et filières énergétiques. Lors d'une activité physique, selon l'intensité, le type de sport et la durée, nous n'utilisons pas les mêmes ressources. Il est important que chaque sportif, selon son activité et ses objectifs de performance, ait en tête cette question pour totalement personnaliser son approche nutritionnelle et micronutritionnelle. En effet, la question du point de croisement (ou crossover point) visible dans le schéma ci-dessous permet d'apprécier la nette différence de filière énergétique entre un exercice sportif de faible intensité (orienté vers la filière lipidique) et une intensité plus élevée dominée par l'utilisation du glucose (schéma fourni par Sébastien). Aussi, d'autres facteurs influencent cela, sujets de notre discussion d'aujourd'hui.

Pourquoi est-il si difficile pour certaines personnes en situation de surpoids et obésité de perdre du poids durablement et sans abîmer leur santé ? Je te fais dans cet épisode mon retour d'expérience en activité libérale et te donne mon avis. La stratégie classique en diététique est la diminution des kilocalories, schéma repris et répété par de nombreux nutritionnistes, que j'ai moi-même appris, mais que j'ai rarement appliqué. Le surpoids et obésité sont des maladies métaboliques, et je dirais plus précisément des maladies de manque de masse musculaire développée. L'être humain est de moins en moins musclé, et de plus en plus gras car nous sommes devenus beaucoup trop sédentaires, tout en mangeant autant qu'avant, mais avec moins de densité nutritionnelle. L'augmentation de la masse musculaire, couplée à une nutrition adaptée à son développement et un travail sur la sphère intestinale représentent une stratégie plus adaptée, pour obtenir des résultats durables. Perdre de la masse grasse n'est pas une course contre la montre, c'est un processus nécessitant de la patience et assiduité, mais le chemin le plus long est le plus efficace. Les régimes "express" de perte de poids ne s'inscrivent jamais dans la durée et abîmeront ta santé.

Le corps humain, ce n’est pas moins de 30 000 milliards de cellules qui le composent. Ça vaut le coup qu’elles soient en bonne santé. La cellule est la plus petite unité vivante, fonctionnelle et capable de se reproduire en toute autonomie. Grâce aux cellules, tu bouges, tu respires, tu réfléchis, tu vis. Et dans la cellule sont contenus divers composants appelés organites. Chacun remplit un rôle vital pour elle, et donc pour nous. Mais une cellule, c’est aussi une unité fragile bombardée chaque jour de molécules indésirables. Elle possède des mécanismes de défense incroyables, mais elle peut également être dépassée par son environnement. Elle va alors mettre en place une stratégie appelée « réponse cellulaire au danger » (cell danger response, CDR). Nous devons cette hypothèse et les travaux sur ce sujet essentiellement au Dr Robert Naviaux et son équipe. Ces scientifiques poussent une porte qui pourrait donner accès à des explications pour de nombreuses maladies. On décrypte ce qu’est le concept !

Qu’est-ce que le concept de cell danger response ?

La réponse cellulaire au danger

La réponse cellulaire au danger – cell danger response (CDR) – est un mécanisme de défense métabolique que chacune de nos cellules détient et est capable d’actionner pour se protéger et protéger les autres. Elle est capable d’enclencher plusieurs mécanismes en son sein, après avoir détecté une menace. La nature de la menace est variable : chimique, physique ou biologique. La CDR est faite pour protéger la cellule – et par extension nous-même - des menaces perçues et acquises au cours de notre évolution.

Quels troubles et maladies seraient concernés ?

Globalement, toutes les maladies chroniques :

Les coupables identifiés de la CDR

Quelles menaces ?

La CDR serait un mécanisme normal, présent pour protéger la cellule et son hôte. Dans des conditions saines, elle retourne à une totale homéostasie. Mais ! La menace perçue peut persister, et la cellule n’a pas la possibilité de restaurer son équilibre, elle reste comme bloquée, ce qui engendre symptômes et troubles. Parmi les menaces identifiées :

Un mélange de plusieurs menaces demeure le schéma typique, dans le sens où un organisme affaibli par une menace, sera beaucoup plus susceptibles de souffrir facilement d'autres dangers qui vont s'accumuler.

La mitochondrie face au danger

En termes de mécanisme, lorsque la ou les menaces sont perçues, la mitochondrie change le métabolisme de la cellule la pour protéger du danger. Les mitochondries diminuent leur travail, processus réalisé en plusieurs temps :

  1. La mitochondrie diminue sa consommation d’oxygène pour oxyder l’environnement cellulaire, le but étant de rendre notre patrimoine génétique moins disponible pour la menace (comme certains virus qui utilisent notre machinerie pour se répliquer)
  2. La cellule raidit sa membrane pour limiter davantage l’expansion du pathogène ou menace
  3. La cellule libère des agents chimiques antiviraux et antimicrobiens
  4. L’autophagie, la fission mitochondriale et mitophagie augmentent
  5. Des changements de méthylation de l’ADN s’opèrent, ce qui peut laisser un impact durable sur l’expression génétique (épigénétique)
  6. Les rétrovirus endogènes (ERVs) sont mobilisés
  7. De l’ATP est libéré de la cellule pour alerter les autres que le danger est en marche, devenant de l’eATP (ATP extracellulaire)
  8. Modifications du comportement de l’hôte (toute activité biologique passe au second plan)

Le potentiel membranaire de la cellule se modifie, ainsi que son pH, augmentant le potentiel d’oxydation. Ces modifications changent la capacité de travail des enzymes. On obtient de l’inflammation cellulaire. Tout ceci est fait pour combattre la menace/infection, mais la réponse cellulaire peut ne pas être suffisante et/ou perdurer.

Quelles solutions ?

Nous l’avons vu, la CDR peut être initiée par de nombreuses choses, souvent entremêlées. Il convient d’identifier les coupables, mais également de s’intéresser à ses antécédents familiaux qui peuvent fournir beaucoup d’indices. En effet, comme évoqué plus haut, les menaces auxquelles auraient été exposés nos ainés peuvent expliquer les troubles de la descendance. L’épigénétique est au cœur de ce sujet. Concernant les menaces biologiques et chimiques, il va falloir amorcer un grand travail d’ouverture des voies de drainage et détoxification. Et vous allez retrouver tout cela sur atavi au fur et à mesure. Pour les menaces physiques et psychologiques, il existe beaucoup de thérapies qui peuvent être bénéfiques, le tout est de dénicher celle qui te convient et fait effet sur toi. Chacun est réellement très différent. Quoi qu’il en soit, le travail sur le système nerveux et la détente est une priorité, peu importe la menace identifiée.

Naviaux, Robert K. “Perspective: Cell danger response Biology-The new science that connects environmental health with mitochondria and the rising tide of chronic illness.” Mitochondrion vol. 51 (2020): 40-45. doi:10.1016/j.mito.2019.12.005

Naviaux, Robert K. “Metabolic features of the cell danger response.” Mitochondrion vol. 16 (2014): 7-17. doi:10.1016/j.mito.2013.08.006

The Cell Danger Response : a new paradigm for understanding chronic disease ?

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