Travailler sur l'ouverture des voies de drainage du corps humain est un incontournable santé, pour tous. Les personnes souvent malades, fatiguées, avec un brouillard mental et des fonctions cognitives diminuées, une prise de poids facile, des troubles du sommeil, des troubles digestifs et autres, ont tout intérêt à suivre et appliquer les conseils que je donne dans ce cours. Les émonctoires du corps humain peuvent être facilement et rapidement submergés en raison de notre mode de vie qui n'est plus adapté à notre physiologie de base : nous sommes trop stressés, dormons mal, mangeons, buvons et inhalons de nombreux éléments problématiques qui peuvent conduire à une accumulation que le corps ne parvient plus à gérer seul, et nous sommes bien trop sédentaires. Il faut alors se mettre à soutenir notre corps dans ses fonctions d'élimination, pour améliorer notre santé. Nous verrons ce que l’on appelle l’entonnoir de drainage, c’est-à-dire l’ordre logique de progression à respecter pour correctement « ouvrir » chaque porte, et pourquoi cet ordre précis.

Un système lymphatique en parfait état de fonctionnement est essentiel à la santé et à la vitalité, mais cette partie de notre organisme, d'une importance pourtant incontestable, est largement négligée et malmenée. Notre système lymphatique est le centre d'assainissement intégré de votre corps, un peu comme la plomberie qui traite et évacue les déchets de chaque cellule, tissu et organe, les toxines auxquelles nous sommes confrontés chaque jour et les éléments pathogènes dont on se prémunit en permanence s'il est efficace. La lymphe, le liquide qui constitue le système lymphatique et qui est deux fois plus présente que le sang, collecte nos ordures et constitue le plus grand système circulatoire du corps humain. Le système lymphatique a également pour rôle d'absorber les graisses et les vitamines liposolubles du tube digestif pour les acheminer vers les cellules du corps. C'est également un élément essentiel du système immunitaire qui équilibre et maintient la répartition de nos fluides, et soutient le combat contre les agents infectieux. Mais le système lymphatique est dépourvu d'un mécanisme de pompage naturel, comme celui du cœur pour le système cardiovasculaire. Il nécessite d'être actionné par nos soins. C'est nous, au quotidien, qui aidons le système lymphatique à circuler, et ainsi faire progresser les déchets vers les ganglions, afin que tout y soit traité. Comment fait-on ?

Pourquoi travailler le drainage du système lymphatique ?

Il n'échappe plus à personne que le monde dans lequel nous vivons nous assaille de produits synthétiques, toxiques en permanence, et que notre hygiène de vie de plus en plus mauvaise favorise les infections et maladies. Beaucoup de problèmes de santé pourraient être évités par le seul respect de la physiologie de notre corps, et prendre soin de son système lymphatique est une mesure essentielle de notre hygiène de vie. Atavi est là pour rappeler ces fondamentaux 😉

Dans n'importe quel programme visant à améliorer la santé, le système lymphatique devrait avoir une place de choix. Par exemple : si tu souhaites perdre de la masse grasse, et si tu ne fais attention à ce que ton système lymphatique soit fonctionnel, tu peux subir un relargage massif de toxines qui étaient empaquetées dans tes adipocytes (beaucoup de toxines sont liposolubles). Tu peux aussi faire face à une maladie auto-immune nécessitant un travail de soutien sur les voies de drainage, dont… Le système lymphatique ! Tout le monde en bénéficie, que ce soit en préventif ou curatif.

Le système lymphatique est composé de :

Signes d'engorgement du système lymphatique

La congestion lymphatique est un facteur majeur d'inflammation et de maladie. Si la lymphe ne circule pas bien, les cellules sont empoisonnées par leurs propres déchets et le liquide lymphatique devient un cloaque toxique, ce qui entraîne fatigue, gonflement, infection, inflammation, maladie et autres symptômes, dont les principaux sont énumérés ci-dessous.

La combinaison d'un mode de vie sédentaire, d'une mauvaise alimentation et d'un environnement toxique contribue à ce phénomène. Des améliorations rapides de la qualité des cellules et du sang se manifestent une fois que des changements du mode de vie sont adoptés.

Quels facteurs favorisent la stagnation de la lymphe ?

Comment assainir le système lymphatique ?

Voici plusieurs options que je recommande en consultations et qui sont accessibles à tous.

1. Prendre quelques minutes tous les jours pour respirer profondément

Bien que le système lymphatique n'ait pas de pompe comme le cœur pour le système circulatoire, le mouvement de la respiration, que nous faisons 24/24h, est une pompe lymphatique en soi et peut aider à diriger la lymphe dans la poitrine. Une respiration correcte est le plus important facilitateur de la fonction lymphatique. Une respiration superficielle constante entraîne une congestion lymphatique. Conseil : Augmente la circulation de la lymphe par une respiration diaphragmatique profonde. Inspire lentement par le nez, en poussant profondément le ventre vers l'extérieur. Laisse lentement ton souffle s'échapper par la bouche. Une respiration diaphragmatique profonde et lente, ne serait-ce que 5 à 10 répétitions (ou jusqu'à 10 minutes par jour), oxygènera le sang, fera circuler la lymphe, en particulier autour du foie, et procurera de nombreux autres bienfaits. Si possible, fais cet exercice à l'extérieur, à l'air frais.

2. S'hydrater quotidiennement avec de l'eau

La déshydratation est une cause fréquente de congestion lymphatique. La lymphe devient plus épaisse et moins mobile lorsqu'on est déshydraté. L'eau, et vraiment uniquement l'eau pure, peut réhydrater le corps de manière adéquate. A côté de ça, l'apport adéquat en minéraux est important et indissociable de l'hydratation de l'organisme. Bien entendu, une eau filtrée est encouragée.

3. Brossage à sec

Le brossage à sec de la peau favorise le drainage lymphatique des déchets toxiques, ce qui entraîne de nombreux autres avantages tels qu'une meilleure immunité, une peau rafraîchie et une réduction de la cellulite. Prends l'habitude de te brosser la peau à sec quelques minutes avant ta douche, ton bain ou ton sauna, à l'aide d'une brosse en poils naturels adaptée (marque Anaé® par exemple). Tu peux en trouver dans de nombreux magasins bio ou en ligne. Une pression forte n'est pas nécessaire - le système lymphatique est proche de la surface de la peau et il suffit d'une légère pression pour libérer la congestion.

4. Alterner le chaud et le froid sous la douche

Les vaisseaux lymphatiques se contractent lorsqu'ils sont exposés au froid, et se dilatent en réponse à la chaleur. Une douche chaude/froide en alternance est un type d'hydrothérapie qui utilise les propriétés de la température et de la pression de l'eau pour déplacer le liquide lymphatique stagnant, augmenter la circulation, stimuler la fonction immunitaire et le métabolisme. Après le brossage de la peau sèche, augmente la puissance de ta douche en alternant l'eau chaude et l'eau froide pendant 90 secondes à plusieurs minutes. Veille à toujours terminer par l'eau froide (à éviter en cas de grossesse ou de problèmes cardiaques).

5. Bouge dès que tu le peux

Le système lymphatique dépend largement de l'activité des grands muscles du corps pour sa circulation. La stagnation due à la position assise toute la journée est un problème majeur. Les personnes qui restent assises devant leur ordinateur sans faire de pause développent un système lymphatique paresseux parce qu'elles ne bougent pas. La bonne nouvelle, c'est que tout exercice est bénéfique : bouge une minute ou deux toutes les 15 à 20 minutes, fais des flexions de genoux, promènes-toi entre midi et deux, étire-toi tout au long de la journée et mets en place une routine d'exercice régulière. Les exercices doux comme la marche, les étirements, le rebondissement (trampoline, corde à sauter) et la natation sont excellents pour déplacer la lymphe.

6. Fais de la marche

L'une des meilleures façons d'activer le flux lymphatique est de faire une marche rapide. La marche est une activité sportive qui exerce une attraction gravitationnelle sur le système lymphatique chaque fois qu'un pas est fait. Une marche rapide de 15 à 30 minutes par jour est un très bon départ, à maintenir. Si tu n'es pas en mesure de faire une marche rapide, même une marche tranquille est bénéfique.

7. Sauter !

L'utilisation d'un petit trampoline est l'un des moyens les plus efficaces pour réduire la congestion lymphatique, stimuler le flux lymphatique et faire travailler chaque cellule du corps. Le fait de rebondir doucement de haut en bas stimule la fonction lymphatique. L'attraction gravitationnelle provoquée par le rebondissement entraîne l'ouverture et la fermeture des valves lymphatiques à sens unique, ce qui fait circuler la lymphe. Pour tirer le maximum de bénéfices du rebondissement, commence par rebondir doucement de haut en bas sans que tes pieds ne quittent le tapis. Il s'agit d'un exercice à très faible impact et très efficace pour faire bouger le système lymphatique. Augmente l'intensité lentement car le rebondissement peut libérer pas mal de toxines si tu te lances trop vite (et envisage de prendre des chélateurs de toxines comme Biotoxin Binder de Cellcore).

8. Rebondir sur un ballon d'exercice

Si tu n'as pas de trampoline, tu peux utiliser le même principe d'attraction gravitationnelle en utilisant un grand ballon de gymnastique. En t'asseyant dessus, tu peux effectuer de petits rebondissements courts et doux. Même de petits mouvements pendant de courtes périodes peuvent être très efficaces pour déplacer la lymphe, et c'est très simple à incorporer au quotidien (comme lorsqu'on travaille devant un ordinateur). La corde à sauter, dans un degré bien plus difficile et sportif, est excellente pour le mouvement de la lymphe.

9. Faire des étirements ou pratiquer le yoga quotidiennement

Les étirements et les poses de yoga sont particulièrement efficaces pour déplacer la lymphe. Le fait de maintenir les étirements combinés à une respiration profonde consciente peut aider à diriger la lymphe dans les canaux profonds de la poitrine.

10. Massage lymphatique

Le massage lymphatique réduit les gonflements, aide à détoxifier le corps et à accélérer la régénération des tissus et des cellules. Tu peux opter pour un massage du corps entier ou te concentrer sur des zones ciblées (comme les jambes). Par exemple, l'accumulation de liquide lymphatique dans la tête peut contribuer au brouillard mental, aux céphalées, à la sensation de pression dans la tête ou les oreilles, à la congestion des sinus, aux vertiges et étourdissements, voire à l'insomnie. Un simple automassage peut être utilisé pour faire descendre cette tension. Il s'agit d'une excellente technique de soulagement pour la saison des rhumes et des allergies. Essaie un massage de la tête avant de te coucher pour améliorer ton sommeil ou le matin pour réduire les poches du visage.

11. Sauna à infrarouge en cabine

Le sauna à infrarouge en cabine constitue un mécanisme de désintoxication doux, généralement bien supporté et efficace. Ses ondes pénètrent profondément dans le corps, élevant la température de surface du corps, activant la circulation, la transpiration et l'excrétion des toxines de la lymphe et du sang par la peau. La chaleur augmente également le rythme cardiaque et encourage une respiration plus profonde, ce qui stimule encore davantage le processus de drainage. Si tu as accès à un sauna infrarouge en cabine, profite de cet activateur lymphatique efficace. Pense à pratiquer une respiration profonde et consciente pendant le sauna pour renforcer le drainage lymphatique. Effectue une pause toutes les 15 minutes pour te doucher à l'eau froide pendant 30 secondes afin de favoriser encore plus la circulation et la stimulation de la lymphe. Si tu as un sauna à infrarouge en couverture, il te sera moins pratique d'alterner avec des douches froides, mais ce n'est pas grave dans le sens où ce n'est pas absolument nécessaire. Tu pourras terminer ta séance ainsi.

12. Porte des fibres naturelles et des vêtements amples et confortables

Les produits chimiques contenus dans les vêtements synthétiques (fabriqués à partir de produits pétrochimiques) sont absorbés par la peau, par le système lymphatique et s'ajoutent à la charge de toxines du corps. Les vêtements serrés peuvent également contribuer à une myriade de problèmes, dont la restriction du flux lymphatique. Choisis plutôt des vêtements confortables fabriqués à partir de fibres naturelles comme le coton, la soie, le lin, la laine ou d'autres fibres naturelles.

13. Attention aux soutien-gorge et sous-vêtements

Les seins, les bras et la partie supérieure de la poitrine sont drainés par un grand groupe de ganglions lymphatiques situés dans l'aisselle. Tout soutien-gorge qui laisse des marques rouges ou des indentations parce qu'il est trop serré interfère avec la circulation lymphatique et peut contribuer à l'enflure des ganglions lymphatiques, à la fibrose mammaire et au cancer du sein. Pour les hommes, les pantalons et les slips serrés limitent la circulation du liquide lymphatique dans les testicules, provoquant une accumulation toxique qui peut entraîner l'infertilité et un risque accru de développer un cancer. Mesdames, évitez donc les soutien-gorge à armatures (en particulier les armatures métalliques) ou tout soutien-gorge serré et contraignant, et laissez vos seins libres dès que possible. Vous pouvez aussi opter pour des soutien-gorge en fibres naturelles. En règle générale, choisissez des pantalons et des sous-vêtements amples en fibres naturelles.

14. Cosmétiques et produits pour la peau

Votre peau est le plus grand organe d'élimination et d'absorption - ce qui va sur la peau va dans le corps, dans la lymphe et s'ajoute à la charge des déchets. Évite donc les produits qui contiennent des conservateurs synthétiques, des parfums, des agents moussants et d'autres produits chimiques synthétiques nocifs. Cherche plutôt des cosmétiques et des produits de soins de la peau qui utilisent des ingrédients naturels et bios, car ils seront finalement absorbés par la peau et traités par la lymphe.

15. Privilégie les aliments bruts, des matières grasses saines, des fruits et des légumes.

La consommation d'aliments transformés, de malbouffe, de fast-foods, de boissons sucrées, de graisses trans, de farines et de sucres raffinés peut provoquer une inflammation et créer une congestion du système lymphatique. En donnant la priorité à des aliments non transformés, riches en nutriments et une hydratation suffisante, on améliore la fonction lymphatique. Les fruits et légumes, en particulier les légumes verts, sont précieux pour leur apport en eau et électrolytes (potassium notamment), et chlorophylle. Aussi, des lipides sains comme l'avocat, l'huile d'olive, l'huile de noix de coco, l'huile de palme, le ghee et le beurre bio sont tous excellents pour une lymphe de qualité.

16. Boire des tisanes qui agissent sur la lymphe

Il existe des tisanes qui renforcent l'action lymphatique, comme le trèfle rouge, l'astragale, la molène, l'hydraste, le fenugrec, le gingembre, la racine d'indigo sauvage, la salsepareille, le sceau d'or et l'infusion de feuilles d'olivier. Tu peux intégrer l'une de ces infusions ou un mélange de plusieurs plantes dans ta routine quotidienne. Si tu es enceinte, si tu allaites ou si tu prends des médicaments, consulte un professionnel qui sera en mesure de te dire si tu peux en consommer, ou non.

Tu peux constater que ces conseils sont abordables, souvent gratuits et que la plupart demandent peu de temps et d'efforts. Ces conseils sont à intégrer à ton quotidien le plus possible pour te maintenir en bonne santé, mais ils revêtiront une importance capitale dans le cadre de protocoles de santé. Tous ces conseils font partie intégrante de mes recommandations en consultations, lorsqu'on travaille sur la thyroïde, la digestion, le sommeil etc. Le travail de la fonction lymphatique est un incontournable pour améliorer sa santé, en tant que voie de drainage très importante et sous-estimée.

La possibilité que des implants mammaires puissent générer des problèmes de santé est un sujet de discussion scientifique de longue date. Cette thématique fait débat depuis des décennies, mais ce n’est que depuis quelques années qu’on observe aux USA la montée en puissance des plaintes des femmes concernées, qui se sont aperçues avoir déclenché un ensemble de symptômes à la suite d’une pose de prothèses mammaires, plus ou moins rapidement. Le phénomène a notamment été permis et amplifié par les réseaux sociaux, ce qui n’a pas manqué de donner de l’eau au moulin de ceux en faveur des implants, critiquant le mouvement. Les prothèses mammaires peuvent être posées à visée esthétique ou à la suite d’une ablation, comme dans le cadre d’un cancer du sein, ou pour malformation. Cet ensemble de symptômes est regroupé par les patientes et certains professionnels sous la dénomination de « maladie des implants/prothèses mammaires » (breast implant illness ou BII). L’ensemble des symptômes a été lié au syndrome ASIA (autoimmune/inflammatory syndrome induced by adjuvants) ou syndrome de Shoenfeld. Actuellement, cette maladie n’est pas reconnue comme un diagnostic médical officiel. Il n’y a pas de consensus scientifique mais beaucoup de femmes et de praticiens en sont persuadés, leurs implants les ont rendues malades. Dois-tu t’inquiéter si tu es concernée ?

Les implants mammaires

Il existe plusieurs types de prothèses mammaires :

Les formes et textures sont aussi variables selon le résultat souhaité.

En 2010, l’Afssaps (agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) décide de retirer du marché les prothèses mammaires du fabricant des PIP (Poly Implant Prothèse). En effet, grâce au travail d’investigation d’un journaliste, ainsi qu’à la dénonciation d’anciens employés du groupe, l’Afssaps a fini par mettre le nez dans les affaires du PDG. Les types de silicone utilisés pour fabriquer le gel à destination des implants étaient tout simplement frauduleux et non déclarés. Le PDG avait fait le choix de falsifier les documents officiels. Chose importante à savoir également, les produits de santé ne subissent pas les mêmes contrôles que la mise sur le marché d’un médicament… La manœuvre est facile !

Tu peux en apprendre davantage ici : Les prothèses mammaires PIP : les données du scandale.

De plus, les effets secondaires potentiels des implants mammaires en silicone bien connus sont la contracture capsulaire, les réactions allergiques et les maladies auto-immunes, ainsi qu’une forme rare de cancer du système lymphatique (Lymphome Anaplasique à Grandes Cellules associé à l’implant mammaire, dit LAGC-AIM) que souligne les experts de l'Institut national du cancer en février 2019 :

Il existe un lien clairement établi entre la survenue de cette pathologie et le port d’un implant mammaire.

Le groupe souligne que la fréquence de cette complication est cependant très faible.

Compte-tenu de la difficulté à déterminer le nombre de femmes porteuses d’implants mammaires, et de la sous-notification potentielle des cas de LAGC-AIM, l’estimation de son risque ne peut être que très approximative. Il est variable selon les études et les pays. En France, actuellement, une dizaine de cas est recensée chaque année. Parallèlement, environ 67 000 implants y sont vendus en moyenne annuellement.

Le syndrome ASIA ou de Shoenfeld

Le Professeur israélien Yehuda Shoenfeld, médecin et chercheur dans le domaine de l’auto-immunité, a proposé en 2011 une définition de ce syndrome ASIA (ou syndrome de Shoenfeld), accompagné de sa consœur le Professeur Nancy Agmon-Levin. Ils ont alors érigé les critères diagnostiques suivants :

Pour qu’un syndrome ASIA soit cliniquement envisageable, il faut réunir soit :

Tout problème de santé qui se déclarerait après utilisation d'un adjuvant (silicone, sels d'aluminium, agents infectieux…) pourrait donc être analysé à la lumière des critères ASIA, y compris les implants mammaires. C'est ce qu'ont souhaité faire des chercheurs.

La cohorte de Maastricht

En 2016, Maartje J.L. Colaris et son équipe publient une étude comparative qui reprend une cohorte de 1994, la Baylor College Cohort. Les chercheurs ont souhaité reprendre les symptômes rapportés à la lumière des critères ASIA créés en 2011. Ils souhaitaient examiner si le terme "adjuvant breast disease" de la cohorte de 1994 désignait la même chose que "Silicon Implant Incompatibility Syndrome" dans celle de 2014. L'hypothèse était que, malgré l'évolution positive de la qualité du silicone utilisé pour les implants mammaires, en raison du durcissement de la législation, cela n'empêchait pas de déclarer des problèmes de santé.

Comparaison des cohortes de Baylor College et Maastricht

Pour ce faire, ils ont analysé les manifestations locales et cliniques :

ETUDESBAYLOR COLLEGE COHORT MAASTRICHT COHORT
Année de publication19942014
Echantillon100 participants100 participants
DuréeEntre 1985 et 1992De janvier à octobre 2014
Dénomination diagnostique"Adjuvant breast disease""Silicon Implant Incompatibility Syndrome" (SIIS)
Manifestations localesContracture capsulaire
Sensibilité, endolorissement ou douleur des seins
Brûlures et gonflements des seins
Engourdissement ou écoulement des mamelons
Lymphadénopathie
Contracture capsulaire
Suintement et/ou fuite de l'implant
Rupture de l'implant
Dislocation de l'implant
Sensibilité locale
Lymphadénopathie

Il faut noter que pour chaque cohorte, les implants provenaient de différentes entreprises, mais étaient tous constitués de gel de silicone. Il a été conclu que les manifestations cliniques rapportées entre les deux cohortes étaient comparables sur plusieurs points :

MANIFESTATIONS CLINIQUESBAYLOR COLLEGE COHORT (1994)MAASTRICHT COHORT (2014)
Fatigue chronique9598
Arthralgie et/ou arthrite 8191
Myalgie, myosite, faiblesse musculaire9154
Troubles cognitifs8178
Pyrexie5264
Syndrome de Gougerot-Sjögren7273
Manifestations neurologiques sévères3220

Egalement, ont été retrouvés d'autres manifestations dans les deux cohortes : syndrome de Raynaud, syndrome de l'intestin irritable, infections respiratoires récurrentes, cystites récidivantes, livedo reticularis, allergies, et de façon plus anecdotique d'autres troubles (perte de cheveux, syndrome dépressif, céphalées…). Les sérologies révélaient aussi des anomalies (immunoglobulines notamment, mais moindre dans la cohorte de Maastricht, très certainement en raison d'une amélioration de la qualité du silicone utilisé).

Sur les 54 participants à la cohorte de Maastricht ayant fait retirer leurs implants, 50 % (n=27) ont eu des améliorations de leurs symptômes.

Un syndrome fibromyalgique ?

Dans les 18 autres cohortes incluses dans l'analyse, les mêmes manifestations étaient retrouvées. Ainsi, malgré les normes toujours plus strictes en matière de qualité du silicone, les auteurs concluent que la qualité n’est pas le problème, mais bien le silicone lui-même qui semblerait se répandre dans l’organisme et générer des réactions stimulantes à l'encontre du système immunitaire :

Nous proposons que chez les patientes souffrant d'un ASIA dû à un SIIS, l'implant mammaire pourrait être le stimulus nociceptif*. Le stimulus nociceptif (silicone) en combinaison avec l'inquiétude considérable concernant la sécurité de l'implant mammaire provoque une perturbation de la voie de signalisation de la douleur et une stimulation excessive des neurotransmetteurs dans le système nerveux central et, par conséquent, des plaintes systémiques. Toutefois, une différence majeure entre la fibromyalgie idiopathique et la fibromyalgie induite par le silicone est la cooccurrence d'une déficience immunitaire et/ou d'une auto-immunité au cours du suivi des patients atteints d'un ASIA dû au SIIS.

*Concept concernant l’ensemble des structures nerveuses et des mécanismes impliqués dans la détection, la transmission et le traitement de la douleur. Dictionnaire Académie de Médecine

En définitive...

Les manifestations pathologiques ne sont pas forcément immédiates, ni obligatoires. Toutes les femmes portant des implants mammaires ne déclenchent pas forcément de problèmes de santé, et il est important de le souligner. Toutefois, il existe également des femmes qui déclenchent des symptômes, dont la survenue est bien souvent des années après la pause, et pour lesquelles le rapprochement n'est pas fait. C'est pourquoi il me semblait nécessaire d'écrire cet article. Une prothèse mammaire, comme n’importe quel corps étranger dans l’organisme, reste… un corps étranger. A ce titre, des réactions sont possibles. J'ai eu l'occasion d'avoir en consultation des femmes qui portaient des prothèses mammaires et présentaient des problèmes de peau (acné, psoriasis, eczéma), de la fatigue, anxiété et nervosité, troubles du sommeil, une baisse de libido et inflammation généralisée (gain de poids, douleurs articulaires). On pourrait penser que le retrait des implants suffirait à supprimer les symptômes, mais ce n’est pas toujours le cas. Du moins, il est important de se pas se contenter de l’explantation.

https://www.atctoxicologie.fr/images/Dossier/LES_PROTHESES_MAMMAIRES/Les_Proth%C3%A8ses_Mammaires_PIP_Dossier_N5__Les_proth%C3%A8ses_mammaires_PIP.pdf

file:///C:/Users/Utilisateur/Downloads/Avis_LAGC_AIM_22.02.19.pdf

Shoenfeld, Yehuda, and Nancy Agmon-Levin. “'ASIA' - autoimmune/inflammatory syndrome induced by adjuvants.” Journal of autoimmunity vol. 36,1 (2011): 4-8. doi:10.1016/j.jaut.2010.07.003

Colaris, Maartje J L et al. “Two hundreds cases of ASIA syndrome following silicone implants: a comparative study of 30 years and a review of current literature.” Immunologic research vol. 65,1 (2017): 120-128. doi:10.1007/s12026-016-8821-y

Shoaib, B O et al. “Adjuvant breast disease: an evaluation of 100 symptomatic women with breast implants or silicone fluid injections.” The Keio journal of medicine vol. 43,2 (1994): 79-87. doi:10.2302/kjm.43.79*

Cohen Tervaert, J W, and R M Kappel. “Silicone implant incompatibility syndrome (SIIS): a frequent cause of ASIA (Shoenfeld's syndrome).” Immunologic research vol. 56,2-3 (2013): 293-8. doi:10.1007/s12026-013-8401-3

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