Parlons un peu des infections fongiques intestinales...

Qu'est-ce que la candidose ?

Candida albicans est une levure normale présente chez chacun de nous. Il est inoffensif à des niveaux normaux. La candidose digestive est une condition médicale causée par une surpopulation de la levure Candida albicans dans le tractus gastro-intestinal. Cette condition peut causer de nombreux symptômes tels que des douleurs abdominales, de la diarrhée ou constipation, des ballonnements et des gaz, ainsi que des fringales et de la fatigue...

Les facteurs qui peuvent contribuer à développer une candidose digestive comprennent un système immunitaire affaibli, un régime alimentaire riche en sucre et en gluten, la prise de médicaments tels que les antibiotiques, et le stress principalement. Le traitement de la candidose digestive peut inclure la modification de l'alimentation pour éliminer les aliments qui nourrissent la croissance de la levure, ainsi que la prise d'antifongiques pour réduire la population de levures. Il est également utile de prendre des mesures pour renforcer le système immunitaire, telles que l'exercice régulier, la gestion du stress et la consommation d'aliments riches en probiotiques. Si tu penses avoir une candidose digestive, il est important de consulter un médecin pour un diagnostic et un traitement approprié.

Comment se produit la prolifération de candida?

Candida est normalement contrôlé par notre flore commensale (microbiote) et le système immunitaire, mais certaines conditions peuvent permettre à la levure de proliférer de manière incontrôlable, entraînant une candidose .

L'utilisation excessive d'antibiotiques et certains troubles de santé et thérapies qui altèrent le système immunitaire font partie des facteurs de risque de candidose.

Facteurs de risque menant à la prolifération du candida

Il existe d'autres facteurs, moins courants et complexes.

Pourquoi la prise d'antibiotiques crée un risque de prolifération du candida albicans ?

Les antibiotiques utilisés pour traiter les infections peuvent potentiellement détruire les micro-organismes bénéfiques qui permettent de maintenir le candida albicans à des niveaux sains. Cela provoque un déséquilibre dans le corps, ce qui rend plus sensible à la prolifération du candida albicans.

Principaux problèmes de santé causés par la prolifération de candida

Comment lutter contre la prolifération de candida

J'ai consacré un webinaire entier à ce sujet, que tu peux dès à présent retrouvé sur Atavi : Décoder la candidose digestive. Dans ce webinaire, je t'explique en détail comment et pourquoi le candida albicans passe de sa forme inoffensive à celle pathogène (il est important de comprendre les rouages pour mieux traiter cette condition), les facteurs aggravants et déclenchants (dont certains qui ne sont jamais évoqués), les analyses à effectuer et toute la stratégie fonctionnelle que j'ai utilisée avec succès auprès de mes patients. Tu apprendras qu'il est important de procéder par étapes et que la candidose peut être une condition difficile à traiter si ces mêmes étapes ne sont pas respectées et suivies dans l'ordre.

Connexion de la prolifération de candida et SIFO

La recherche a montré qu'environ 97% des champignons trouvés dans SIFO étaient des espèces du genre candida.

Candidose et œstrogènes

En regardant spécifiquement le vagin, l'hormone œstrogène épaissit la muqueuse vaginale et provoque la production de mucus. Ce mucus est un excellent aliment pour les lactobacilles, ainsi, chez la plupart des femmes non ménopausées, on trouve le vagin bien peuplé de lactobacilles.

Ces lactobacilles occupent de l'espace et « surpassent » ou contrôlent la levure Candida en lui refusant de l'espace pour se développer et de la nourriture à manger.

Si l'on prend des antibiotiques, presque tous les lactobacilles seront tués. En conséquence, Candida peut maintenant se développer car il a à la fois l'espace et la nourriture. Cela provoque un muguet vaginal (mycose vaginale).

La même chose se produit exactement au niveau de l'intestin. D'ailleurs, la pilule contraceptive pourra favoriser une candidose car il y a une trop grande manipulation des hormones sexuelles. Les antibiotiques ne sont pas les seuls médicaments à poser problème malheureusement.

Qu'est-ce que le SIFO

L'acronyme SIFO signifie Small Intestinal Fungal Overgrowth. Il s'agit d'une condition au cours de laquelle l'intestin grêle est envahi par des champignons, donc une mycose intestinale. Le SIFO provoque fréquemment une grande gêne gastro-intestinale et est encore très mal connu (et reconnu) par la médecine allopathique. La prolifération fongique gastro-intestinale peut survenir chez les personnes en bonne santé et chez celles dont le système immunitaire est affaibli.

Il est estimé que 25% des personnes présentant des symptômes gastro-intestinaux inexpliqués pourraient avoir un SIFO. Les champignons opportunistes les plus courants dans le SIFO sont des espèces du genre candida.

Symptômes du SIFO

Facteurs de risque

La prolifération de champignons, en particulier les espèces de candida, est courante chez certains groupes de personnes, tels que :

D'autres mécanismes peuvent être en jeu, comme une hypothyroïdie.

Problèmes de santé causés par le SIFO

Traitement SIFO

Nous sommes tous couverts de bactéries et, dans une moindre mesure, de virus, de levures (comme le candida), de champignons et de parasites.

Chaque fois que l'on modifie le microbiome - intestin, vaginal, cutané - en donnant des antibiotiques, quelque chose non tué par les antibiotiques prendra davantage de place et se développera pour occuper l'espace désormais libre et l'approvisionnement alimentaire.

Candida albicans est une levure. Les levures ont un métabolisme entièrement différent de celui des bactéries, de sorte que les antibiotiques qui ciblent les bactéries ne tuent pas les levures. L'inverse s'applique également. Les antibiotiques qui ciblent les levures ne tuent pas les bactéries.

C'est pourquoi la stratégie est différente. Il existe d'excellentes alternatives aux médicaments antifongiques tels que certaines plantes et acides. L'alimentation est aussi un pan ultra important à ne pas négliger, mais également toutes l'hygiène de vie (qualité de l'eau, aliments bio, bon sommeil, techniques de gestion du stress, équilibre de la glycémie). N'oublions pas non plus les biofilms (pour en savoir plus, tu as l'article Comprendre ce que sont les biofilms) qu'il faut "casser" pour détruire plus facilement l'infection fongique.

Les troubles digestifs peuvent rendre la vie tout bonnement insupportable. Ayant moi-même été victime de troubles digestifs, je te comprends totalement et je suis là pour te rappeler que ce n'est pas une fatalité, puisque je n'ai absolument plus rien depuis que j'ai compris et corrigé les causes profondes de ces troubles invalidants. Donc, tu peux y parvenir aussi. Je te donne dans cet article toutes les pistes à envisager, qui pourraient expliquer tes problèmes de digestion.

Ton alimentation ne t'est pas adaptée

C'est la première des choses à évaluer. Malheureusement, nous ne sommes pas tous égaux face à de nombreux aliments, et ce en raison de notre génétique, de notre environnement, de nos sensibilités alimentaires propres et de notre microbiote. Aussi, si tu es né par césarienne et également si tu n'as pas été allaité, le risque de développer des troubles digestifs est plus important.

Certaines catégories d'aliments sont moins digestes chez la plupart des gens, que d'autres. Typiquement, beaucoup de personnes se trouvent soulagées dès lors qu'elles réduisent, voire suppriment, leur consommation de produits céréaliers contenant du gluten. L'intolérance au gluten est loin d'être un effet de mode, c'est un problème réel et qui pourrait te concerner. Pour ma part, son éviction m'a grandement aidée, mais n'a pas tout résolu.

Les légumineuses peuvent aussi être en cause, même si ces dernières sont germées ou fermentées. Tous les systèmes digestifs ne sont pas suffisamment efficaces pour briser l'enveloppe des graines. Pour ma part, leur éviction m'a aussi beaucoup apporté de confort digestif.

Les produits laitiers sont souvent incriminés, et supprimés à tort dans beaucoup de cas. J'avais personnellement supprimer tous les produits laitiers en même temps que le gluten. Etant donné que j'ai expérimenté rapidement une nette diminution de mes symptômes (ballonnements, flatulences, douleurs), j'étais partie sur l'idée que je devais m'en priver à vie. Ce que je ne savais pas à l'époque était que si je réglais ma porosité intestinale, la consommation de produits laitiers ne serait plus un problème. J'ai compris cela bien plus tard, donc je t'en fais part pour te faire gagner du temps 😉

Mes soucis digestifs étaient également dus à un stress chronique intense, dont je te parle dans la partie suivante.

Mais avant, le microbiote intestinal. Pan très important de la digestion, à cultiver un maximum, est un incontournable. Le sujet qu'est le microbiote intestinal est extrêmement vaste, il m'est impossible de m'étendre ici. Retiens en revanche que plus il est diversifié, mieux c'est. A contrario, un microbiote appauvri signe souvent des troubles digestifs et autres pathologies, comme je l'explique dans les articles suivants : Intestin poreux, cerveau poreux et maladies neuropsychiatriques 1/2 et Intestin poreux, cerveau poreux et maladies neuropsychiatriques 2/2. Les aliments fermentés sont un excellent point de départ pour travailler la flore (vive la choucroute alsacienne !)

Tu es stressé chronique

Le stress a tout un tas d'effets sur l'organisme qui sont délétères si la situation perdure. Notre corps est naturellement équipé pour faire face au stress, dans le cadre de situations urgentes, qui impliquent notre survie. Par exemple, si tu es coursé par un lion, tu vas sécréter des hormones comme le cortisol et l'adrénaline, dont l'objectif est de te permettre de fuir plus vite pour te sauver. Malheureusement, notre organisme ne fait pas la différence entre un lion qui nous course, et le stress vécu et perçu au quotidien. Les effets physiologiques sont les mêmes, et même pires ! Puisque si tu es stressé tous les jours, comme je l'étais à l'époque, cela signifie qu'il y a très peu de moments où ton corps à l'occasion de retourner à un équilibre. Le problème dans tout ça, c'est que ta digestion est largement régie par ton système nerveux, système nerveux lui-même impacté par ton stress chronique.

Il s'agit donc d'une priorité à considérer pour tes troubles digestifs. C'est pourquoi, Marine et moi-même te proposons le webinaire L'intérêt du système nerveux pour une bonne santé, et également ma petite fiche Activer son système nerveux parasympathique pour te permettre d'avoir des bases très solides de travail (et pour voir des améliorations !).

Une chose en particulier que ton stress peut altérer, ce sont tes sécrétions digestives, qui dans des conditions normales te permettent de bien digérer ce que tu manges. Par exemple :

Tous ces éléments sont sécrétés grâce à de multiples mécanismes, mais dont le système nerveux est l'un principal.

Tu as des troubles hormonaux

Les troubles hormonaux et troubles digestifs, c'est un peu l'histoire de l'œuf et de la poule. Qui commence ? Qui entretient qui ? Il n'est jamais facile de le savoir. C'est pourquoi tenir compte des deux et chercher à tout améliorer en même temps est selon moi la meilleure stratégie.

Toutefois, les premières hormones à regarder en cas de troubles digestifs chroniques, ce sont les hormones thyroïdiennes, et globalement le fonctionnement de la glande thyroïdienne. En effet, nos hormones thyroïdiennes sont très fortement impliquées dans la gestion d'une bonne digestion. Par exemple, elles jouent elles aussi un rôle dans la sécrétion des sucs digestifs. Typiquement, les personnes atteintes d'hypothyroïdie présentent souvent une insuffisance de production et de sécrétion de la bile. La bile est un élément précieux permettant de favoriser la digestion des matières grasses que nous mangeons. Elle est aussi capitale pour conserver une flore intestinale saine et pour la formation des selles. Il est assez courant d'observer un SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth) chez les personnes atteintes d'hypothyroïdie (que ce soit Hashimoto ou autre).

L'hyperthyroïdie aura tendance à accélérer le transit, ce qui n'est pas franchement mieux car ce sont des personnes qui absorbent très mal ce qu'elles mangent, ont un transit accéléré avec parfois de la diarrhée (et donc pertes d'eau et de minéraux importantes) et qui présentent des carences en plusieurs micronutriments.

D'un autre côté, des affections telles que l'endométriose ou le SOPK peuvent aussi causer des troubles digestifs (davantage l'endométriose tout de même). Nos hormones sexuelles féminines ont aussi des actions sur notre sphère digestive, et cela même sans parler de maladie. De nombreuses femmes peuvent témoigner que leur digestion est différente selon le moment de leur cycle menstruel. Un déséquilibre des hormones sexuelles pourrait être ta cause, et inversement, tes troubles digestifs peuvent entretenir un déséquilibre des hormones sexuelles.

Mais qu'est-ce qui pourrait créer une dysbiose ?

Tu souffres d'une infection ou infestation

L'intestin peut être affecté par des éléments pathogènes indésirables, ou la prolifération de certaines espèces qui sont normalement présentes en quantités strictes et contrôlées. La catégorie des infections et infestations du système digestif est un sujet extrêmement vaste, dont je te résume ici les grandes lignes :

Donc, comme tu peux le constater, les possibilités sont larges, et bien souvent plusieurs choses sont imbriquées. Il n'est absolument pas normal que ta digestion te fasse souffrir, chaque symptôme est à considérer et devrait être pris au sérieux par les professionnels de santé. Et même si la question peut sembler tabou pour beaucoup d'entre nous, il ne faudrait surtout pas hésiter à en parler. Trouve un thérapeute de confiance, avec qui tu te sens à l'aise et dont les compétences pourront te soulager. Chez Atavi.fr, on t'aide à faire du lien, à comprendre ton corps (donc le système digestif), te conseiller sur notre forum et on te guide à travers nos cours, webinaires et podcasts pour que tu deviennes plus armé et autonome.

Les anticorps dirigés contre les récepteurs à TSH

Les anticorps dirigés contre le récepteur de la thyrotropine (TSH) peuvent provoquer un dysfonctionnement de la thyroïde et même une maladie manifeste comme celle de Basedow. Ces anticorps anti-récepteur de la TSH sont aussi appelés anticorps anti-TRAK, et interagissent avec le récepteur TSH. Ils peuvent soit stimuler soit bloquer le récepteur selon le type spécifique d'anticorps.

L'évaluation des TRAK est particulièrement utile dans le travail sur Basedow, dans lequel la stimulation non régulée du récepteur tend à dominer, augmentant la production d'hormones thyroïdiennes. C'est un peu comme si ces anticorps permettaient de laisser le bouton "ON" du récepteur à TSH constamment allumé, et cela cause les nombreux effets systémiques de Basedow, notamment ceux sur les yeux, la peau, les os, le cœur et le foie. Dans la thyroïdite auto-immune de Hashimoto, les TRAK peuvent être détectés, mais ont plutôt tendance à bloquer le récepteur et à diminuer la production d'hormones thyroïdiennes.

De faibles TRAK suggèrent l'absence de maladie thyroïdienne auto-immune, tandis que des TRAK élevés peuvent être associés à Basedow et à ses symptômes plus graves, Hashimoto, et à de fausses élévations dues à un apport élevé de biotine (vitamine B8).

Les anticorps anti-thyroglobuline

Les anticorps contre la thyroglobuline, la protéine précurseur de l'hormone thyroïdienne, représentent une réponse auto-immune à sa libération dans la circulation sanguine, un évènement probablement dû à des dommages à la glande thyroïde (comme une inflammation, une lyse cellulaire).

Ces dommages peuvent être dus à des facteurs environnementaux, à une diminution de la protection antioxydante et à des carences en nutriments, notamment en magnésium. L'administration de magnésium peut réduire les anticorps anti-thyroglobuline.

Des anticorps anti-thyroglobuline élevés sont associés à la maladie de Hashimoto, à Basedow, au cancer de la thyroïde, à la polyarthrite rhumatoïde, à l'anémie pernicieuse (anémie de Biermer), à l'anémie hémolytique auto-immune, aux expositions toxiques et au stress oxydatif. Les niveaux peuvent être élevés avec ou sans élévation des anticorps anti-TPO dans la thyroïdite subaigüe.

De faibles niveaux d'anticorps anti-thyroglobuline suggèrent l'absence ou la rémission d'une maladie thyroïdienne auto-immune active.

Les anticorps anti-TPO

La peroxydase thyroïdienne (thyroperoxydase, abrégée TPO) est l'enzyme qui fixe l'iode à l'acide aminé tyrosine (qui se trouve sur la thyroglobuline) pour former les hormones thyroïdiennes. Les auto-anticorps dirigés contre la TPO attaquent la glande thyroïde elle-même, provoquant initialement la libération de T4 suivie d'une diminution compensatoire de la TSH.

Les anticorps anti-TPO doivent être recherchés même si les autres biomarqueurs thyroïdiens sont normaux voire optimaux. Des anticorps élevés pourraient être un signe précoce de développement d'une maladie thyroïdienne auto-immune. En faisant cette analyse régulièrement, on peut anticiper les maladies auto-immunes dans leur premier stade de développement, stades que j'explique dans ma MASTERCLASS.

Les chercheurs suggèrent que les anticorps anti-TPO devraient être ajoutés à la mesure de la TSH et des hormones thyroïdiennes ou utilisés comme marqueur autonome pour détecter les premiers stades de la thyroïdite auto-immune. L'anti-TPO est considéré comme un marqueur auto-immun plus sensible que les anticorps anti-thyroglobuline, qui sont plus sensibles pour détecter le cancer différencié de la thyroïde. Cependant, les deux anticorps peuvent être détectés jusqu'à 7 ans avant un diagnostic de maladie thyroïdienne auto-immune, une évaluation précoce est donc prudente et judicieuse.

La thyroïdite chronique auto-immune, connue sous le nom de thyroïdite de Hashimoto ou thyroïdite lymphocytaire chronique, est la principale cause d'hypothyroïdie dans les pays développés. Elle se caractérise par la destruction du tissu thyroïdien par le système immunitaire de l'organisme.

Bien que les preuves biochimiques puissent ne pas être présentes au début de la maladie, le profil caractéristique de la chimie du sang une fois que Hashimoto a progressé est une TSH élevée, une diminution des hormones thyroïdiennes libres et totales et, dans la plupart des cas, des anticorps anti-TPO élevés. Des anticorps anti-thyroglobuline et bloquant les récepteurs de la TSH peuvent également être présents.

Une évaluation de 2 ans des biomarqueurs thyroïdiens chez 4 581 sujets euthyroïdiens (sans symptômes) a révélé que 73 % de ceux qui ont développé une hypothyroïdie étaient positifs pour les anti-TPO en moyenne 252 jours avant la perturbation des niveaux d'hormones thyroïdiennes.

La fonction thyroïdienne dépend fortement de l'état nutritionnel et peut être altérée par une insuffisance en micronutriments clés. Ceux-ci comprennent les vitamines A, D, B2, B12 et le folate, le calcium, le chrome, le cuivre, l'iode, le fer, le sélénium, le zinc, la tyrosine, la phénylalanine, l'asparagine, la carnitine et la sérine. Les observations spécifiques incluent :

Les hormones thyroïdiennes circulantes peuvent être diminuées en raison du manque d'acides aminés nécessaires à la synthèse des protéines porteuses.

La carence en vitamine D est associée à une incidence accrue de maladies auto-immunes. Chez les patients nouvellement diagnostiqués de la maladie de Hashimoto et de Graves, les niveaux de vitamine D étaient déficients à 17,05 ng/mL (42,6 nmol/L) et 14,9 ng/mL (37,2 nmol/L) respectivement, bien en dessous des niveaux optimaux. Une faible teneur en vitamine D sérique était significativement associée à une élévation des anti-TPO dans ces groupes.

Une supplémentation avec 200 ug/jour de sélénium a diminué les anticorps anti-TPO dans une étude prospective sur des femmes atteintes de thyroïdite auto-immune et d'une légère carence en sélénium. Les niveaux d'anticorps se sont complètement normalisés chez neuf femmes recevant une supplémentation.

Des anticorps anti-TPO élevés sont également associés de manière indépendante à une homocystéine élevée dans la maladie de Hashimoto et de Basedow.

Ici, vous pouvez voir que l'évaluation des anti-TPO ainsi que du statut en micronutriments peut améliorer l'évaluation de la fonction thyroïdienne et du risque de dysfonctionnement et, idéalement, retarder ou prévenir l'apparition de la maladie.

Les anticorps dirigés contre la peroxydase thyroïdienne, une enzyme nécessaire à la synthèse des hormones thyroïdiennes, peuvent être destructeurs et entraîner une maladie thyroïdienne auto-immune. Des élévations notables de ces enzymes sont observées avec la thyroïdite auto-immune de Hashimoto ainsi que la maladie de Graves, bien que les niveaux puissent fluctuer tout au long de ces troubles.

La suffisance en nutriments est cruciale pour la fonction et l'intégrité de la thyroïde. Par exemple, une carence en sélénium ou en iode est associée à un risque accru de maladie thyroïdienne auto-immune. La teneur en sélénium des aliments peut varier considérablement selon le sol sur lequel ils ont été cultivés. La teneur en iode des aliments peut également varier selon les régions et l'apport varie considérablement. Une insuffisance et un excès d'iode peuvent contribuer à une maladie thyroïdienne auto-immune.

Des anticorps anti-TPO élevés peuvent également être observés avec le cancer de la thyroïde, la thyroïdite lymphocytaire, le goitre nodulaire, la polyarthrite rhumatoïde, l'anémie pernicieuse, la thyroïdite post-partum et le cancer du sein.

Un faible taux d'anticorps TPO suggère l'absence de maladie thyroïdienne auto-immune active.

Si tu souhaites devenir incollable le fonctionnement de la glande thyroïdienne, et enfin te prendre en main, Atavi.fr te propose un cours entièrement dédié à ce sujet : La glande thyroïdienne et métabolisme des hormones thyroïdiennes.

Ce qui était autrefois considéré comme «alternatif» devient maintenant la médecine traditionnelle alors que de plus en plus de patients cherchent des réponses à leurs problèmes de santé chroniques. C'est pourquoi, ces dernières années la demande est grandissante et de plus en plus populaire. Les patients sont davantage demandeurs d'une prise en charge globale et personnalisée, et de praticiens à l'écoute. Un praticien qualifié en médecine fonctionnelle peut aider les patients atteints de maladies chroniques complexes à trouver des pistes d'explications à leurs symptômes et maladies parfois non résolus par la médecine allopathique.

Qu'est-ce que la médecine fonctionnelle ?

Imaginez que vous rendez visite à un médecin pour votre diabète de type 2, et qu'au lieu de partir avec une ordonnance, vous repartez avec une liste de courses. Cela ne ressemble certainement pas à la médecine conventionnelle moderne, mais un médecin fonctionnel n'est pas ce médecin typique.

La médecine fonctionnelle est une approche individualisée de la médecine des causes profondes des maladies. Ces praticiens considèrent des facteurs tels que l'alimentation, la génétique, les changements hormonaux et d'autres éléments du mode de vie comme des causes potentielles et des traitements pour les maladies des patients.

Les praticiens de la médecine fonctionnelle se concentrent également sur des analyses de laboratoire plus poussées, qui sont plus précises et révélatrices que les valeurs de laboratoire standard utilisées en médecine allopathique. Tout ce qui se trouve en dehors de ces valeurs optimales peut montrer des modèles et des marqueurs qui repèrent les tendances vers la maladie. 

L'histoire de la médecine fonctionnelle

Dans les années 1950, 1960 et 1970, les gens ont commencé à chercher des alternatives à la médecine conventionnelle. La « médecine naturelle » est entrée dans le lexique américain et l'accent s'est tourné vers une approche plus holistique.

En 1971, cependant, Jeffrey Bland, professeur adjoint de chimie et de sciences environnementales à l'Université de Puget Sound, a étudié la vitamine E et a découvert qu'elle protège les globules rouges du corps contre les effets du vieillissement. Bland ne savait probablement pas à l'époque qu'il était sur le point de changer à jamais la trajectoire de la médecine moderne.

Dans les années 1980, les prestataires médicaux utilisaient les études du Dr Bland pour tester davantage les niveaux d'acides aminés, d'acides gras, de métaux toxiques, de minéraux, de vitamines, d'antioxydants et d'hormones afin de détecter la progression de la maladie. Avec ces informations, ils pouvaient personnaliser les traitements avec la nutrition, les suppléments et l'exercice, et ils obtenaient des résultats exceptionnels.  

En 1975, Bland a assisté à une réunion de la Northwest Academy of Preventative Medicine à Seattle, WA. L'orateur principal était le lauréat du prix Nobel Linus Pauling. Bland et Pauling ont développé une solide relation professionnelle. En fait, Bland cite Pauling comme son mentor. Bland a ensuite travaillé pour le Linus Pauling Institute of Science and Medicine à Palo Alto, en Californie, en tant que directeur de la recherche nutritionnelle.

Depuis lors, Bland a écrit plusieurs livres et publié plus de 120 études évaluées par des pairs.

En 1990, Jeffrey Bland, Ph.D., a inventé le terme médecine fonctionnelle et a commencé à organiser des séminaires réguliers à travers les États-Unis, partageant ses connaissances sur divers sujets tels que la santé gastro-intestinale, la santé immunitaire, l'équilibre hormonal et la détoxification. En 1991, Bland et son épouse Susan ont fondé le premier institut de médecine fonctionnelle et il a été surnommé le père de la médecine fonctionnelle.

En quoi la médecine fonctionnelle est-elle différente de la médecine intégrative ?

Beaucoup de gens utilisent les termes de manière interchangeable, et ils sont similaires mais légèrement différents.

Les deux se concentrent sur la recherche de la cause profonde, sont holistiques et individualisés et donnent la priorité aux changements du mode de vie, de la nutrition et du comportement par rapport aux produits pharmaceutiques. La différence réside dans l'approche pour arriver au diagnostic de la cause première.

La médecine fonctionnelle utilise des analyses de sang approfondies et des tests de laboratoire spécialisés pour trouver la cause profonde, tandis que les praticiens intégratifs peuvent se concentrer sur les tests de laboratoire standard.

Quelles conditions un médecin en médecine fonctionnelle traite-t-il ?

La plupart des patients qui consultent un médecin fonctionnel souffrent généralement d'une maladie chronique ou d'une « maladie mystérieuse » pour laquelle la médecine allopathique n'a pas de diagnostic.

Le médecin fonctionnel est comme un détective qui cherche à résoudre des problèmes de santé complexes et multiformes. Les exemples incluent les troubles endocriniens, les déséquilibres hormonaux, la santé mentale et les douleurs chroniques comme l'arthrite et la fibromyalgie. Ils traitent également les maladies auto-immunes et inflammatoires telles que la sclérose en plaques, la maladie de Lyme, la maladie cœliaque et les maladies inflammatoires de l'intestin (MICI).

De nombreux patients sans maladie chronique choisissent également de voir des médecins fonctionnels chaque année pour des soins préventifs.

Médecine fonctionnelle vs médecine conventionnelle

La plupart des médecins conventionnels savent que leurs patients doivent bien manger et faire de l'exercice, mais les contraintes de temps ne permettent qu'une approche à l'emporte-pièce, traitant les symptômes de la maladie chronique par des médicaments (solution rapide) plutôt que de trouver la cause. Le second problème majeur qui se présente est que le patient est complètement déconnecté de sa situation : il n'est pas impliqué dans la progression de sa propre santé. Malheureusement, il ne s'agit pas d'une solution viable au long cours.

En comparaison, l'objectif principal de la médecine fonctionnelle est de traiter la maladie avec des changements du régime alimentaire et de mode de vie, qui sont appliqués tout au long du programme éducatif.

C'est pourquoi de nombreux praticiens abandonnent le système de santé classique et se familiarisent avec la médecine fonctionnelle. Ils optent pour une approche plus globale en matière de soins de santé.  

À quoi ressemble un rendez-vous en médecine fonctionnelle

Les rendez-vous de médecine fonctionnelle sont beaucoup plus approfondis qu'un rendez-vous allopathique typique. Ils comprennent un apport détaillé et une série de laboratoires spécialisés pour obtenir un aperçu complet de la performance de votre corps.

En règle générale, un patient remplit un historique médical complet, qui comprend les antécédents familiaux, les antécédents de mode de vie, les antécédents médicaux personnels et familiaux, le régime alimentaire, l'exercice, les traumatismes et, bien sûr, les symptômes qui ont amené le patient en premier lieu.

Après cela, le patient fera des prises de sang et éventuellement d'urine, de salive, et parfois un échantillon de selles à tester pour voir ce qui se passe au niveau cellulaire. Le praticien peut également effectuer un test ADN ou demander les résultats des tests ADN existants.

Une fois le rendez-vous initial et les résultats des travaux de laboratoire examinés, les patients viennent pour une visite de suivi pour être informés de leur schéma thérapeutique personnalisé afin de répondre à leur diagnostic de cause première.

De nombreux cabinets de médecine fonctionnelle travaillent également avec des nutritionnistes, des conseillers en santé mentale et des coachs de santé pour offrir aux patients une approche complète de leurs besoins en matière de soins de santé.

Et le praticien en médecine fonctionnelle ?

Outre les médecins fonctionnels, la récupération de "médecine fonctionnelle" s'est largement diffusée au sein de la communauté des coachs de santé et nutritionnistes. Pour ma part, n'étant pas médecin, je n'utilise pas le terme de "médecine" mais "santé fonctionnelle". On joue sur les mots me direz-vous, mais il y a des différences majeures. Le praticien en santé fonctionnelle n'est pas médecin : il ne pose aucun diagnostic médical, ni ne prescrit de médicaments. L'interprétation des analyses revient également au médecin.

En revanche, le praticien en santé fonctionnelle a tout de même un large panel de connaissances médicales, et bien souvent en naturopathie également. Il est un véritable éducateur de la bonne santé. Il va pouvoir travailler avec le patient à moduler toute sa nutrition, son hygiène de vie et ainsi compléter le travail du médecin qui ne peut pas octroyer trop de temps à chaque patient. N'oublions pas que la demande est très forte. Le praticien en santé fonctionnelle peut se servir des analyses du patient pour déceler des déséquilibres à corriger grâce à des conseils 100% naturels.

Fusionner la médecine conventionnelle avec la médecine fonctionnelle

Les praticiens conventionnels et fonctionnels peuvent souvent travailler en tandem pour traiter des maladies chroniques, par exemple une hypertension artérielle sévère. Un médecin traditionnel peut prescrire des produits pharmaceutiques pour ramener la pression artérielle à un niveau plus sûr à court terme et se référer à un médecin fonctionnel pour prescrire des changements de mode de vie visant à traiter la cause profonde de l'hypertension artérielle, en fin de compte en éliminant le patient de ses médicaments .

Le coût des soins de santé conventionnels par rapport à la médecine fonctionnelle

Malheureusement, toute maladie a des coûts cachés et coûte cher, que vous ayez une bonne mutuelle ou non.

Comme dans toutes les disciplines, le coût des traitements de médecine fonctionnelle varie. Le coût par rendez-vous varie entre la consultation et les compléments alimentaires. Cependant, comparée aux coûts à long terme de la maladie, la médecine fonctionnelle peut être une aubaine, à la fois pour l'individu et la collectivité. Consulter des thérapeutes fonctionnels pendant un an et traiter la racine de votre maladie peut réduire de nombreux frais et faire finalement économiser de l'argent à long terme, sans compter une meilleure qualité de vie.

Faits saillants de la médecine fonctionnelle

Et comme je suis bien consciente que se soigner n'est pas à la portée de toutes les bourses, et que je sais que beaucoup d'entre vous souhaitent se sentir davantage informés et armés, j'ai créé Atavi - ta plateforme de santé fonctionnelle 😉

Ce cours te présente la glande thyroïdienne ainsi que le métabolisme des hormones thyroïdiennes. Tu vas pouvoir apprendre comment les hormones thyroïdiennes sont synthétisées par la glande et comment cette production est régulée par divers mécanismes. Je te parle également de l'anatomie de la glande, de sa localisation, son innervation, sa vascularisation et brièvement de sa fabrication au cours de la grossesse. Aussi, j'aborde la question des désiodases, ces enzymes qui convertissent les hormones, mais aussi, je traite des protéines sériques de transport qui permettent d'acheminer les hormones jusqu'aux tissus cibles pour qu'elles puissent exercer leurs fonctions biologiques. Enfin, je termine par aborder leur catabolisme. Cette leçon est indispensable pour bien saisir chaque étape de la physiologie thyroïdienne, et ainsi mieux comprendre les enjeux de chacune pour expliquer les différents problèmes de santé liés à la thyroïde, qui peuvent survenir à bien des niveaux extra-thyroïdiens.

On se retrouve dans cet article pour découvrir la seconde partie de Intestin poreux, cerveau poreux et maladies neuropsychiatriques ½. Après t’avoir exposé les mécanismes impliqués, je te présente les thérapies adjuvantes en psychiatrie intégrative.

Travailler la détente, bien-être et système nerveux

La stimulation vagale

La stimulation vagale, ou stimulation neuro-vagale (SNV), est un procédé d’électrostimulation auriculaire, qui envoie de petites impulsions électriques non invasives. L’utilisation de la stimulation vagale a été approuvée par la FDA en 1997 pour accompagner les soins prodigués aux personnes souffrant d’épilepsie pharmaco-résistante et de dépression, à partir de 12 ans. Cette thérapie donne de bons résultats et la recherche tente désormais de savoir si elle pourrait bénéficier à d’autres soucis de santé.

En effet, comme expliqué dans mon précédent article, le nerf vague a des propriétés anti-inflammatoires (↓ cytokines). Son activation permettrait de réduire la neuroinflammation qui entretient des troubles tels que la fibromyalgie, les migraines, polyarthrite rhumatoïde mais aussi les MICI, gastroparésie… In fine, toute maladie pouvant bénéficier de la neuromodulation, et il y en aurait beaucoup. Toutefois, il faut noter que les effets prennent du temps à survenir (de plusieurs mois, jusqu’à 2-3 ans) car la SNV est comme un entrainement sportif du nerf vague, qui deviendra plus tonique et efficace au fil du temps.

Les appareils de l’entreprise spécialisée Schwa-medico sont recommandés par les médecins. Actuellement en France il n’existe pas de remboursement pour un tel appareil. Il est toutefois recommandé d’apprendre à l’utiliser auprès de son médecin prescripteur pour connaitre la fréquence adaptée.

Également, le neurofeedback semblerait intéressant pour la dépression et l’anxiété. Des professionnels formés existent en France.

Méthodes de relaxation

Ça peut paraître cliché d’indiquer à une personne dépressive de se mettre à la méditation ou au yoga, et pourtant… Les effets sont bien là. Etant donné que la fonction vagale est directement reliée à notre réponse face au stress, un travail profond sur ces mêmes causes qui stressent l’individu permet assurément une atténuation des symptômes. En particulier, les thérapies centrées sur la respiration sont très pertinentes. Voici des outils recommandés :

Toutes les formes de stress mettent l’organisme sur le mode sympathique du système nerveux, un contexte plutôt pro-inflammatoire et non favorable à un intestin et microbiote en bonne santé (et nous avons vu l’importance de leur intégrité dans l’article précédent). Dans des conditions normales, un stress provoque l’activation du système nerveux sympathique et une cascade de réactions pro-inflammatoires. Ces éléments sont nécessaires à un instant T, mais ne devraient pas être chroniques car le système parasympathique ne peut plus reprendre sa place (charge allostatique).

Aussi, la pratique de l’hypnose et les thérapies cognitivo-comportementales peuvent donner de bons résultats, associées aux autres mesures.

La modulation du microbiote intestinal

Comment module-t-on en première intention le microbiote intestinal ?

Par l’alimentation ! Un levier super puissant et jamais abordé en consultation de psychiatrie. Voyons donc les possibilités.

Les acides gras essentiels

Les oméga 3 (EPA, DHA) et oméga 6 (acide arachidonique) sont des éléments très importants dans le maintien de l’intégrité et fonction du système nerveux et système immunitaire. En particulier, les AGPI oméga 3 agissent directement sur la neurotransmission et expression génétique. Le DHA affecterait également l’écosystème intestinal dans sa structure et fonctions.

Action potentielle des acides gras polyinsaturés oméga-3 (AGPI) dans la restauration de l'eubiose du microbiote intestinal. La dysbiose du rapport Firmicutes/Bacteroidetes est associée à plusieurs conditions, telles que la prise de poids et l'obésité, la résistance à l'insuline, le régime alimentaire riche en graisses, la perméabilité intestinale, les MICI, et la dépression. De même, une diminution des bifidobactéries combinée à une augmentation des entérobactéries conduit à l'établissement d'une endotoxémie qui provoque une inflammation chronique de bas grade associée à certaines conditions pathologiques, comme la résistance à l'insuline, la perméabilité intestinale et la dépression. Les premières preuves montrent que les AGPI oméga-3 sont capables d'inverser cette condition en rétablissant le rapport Firmicutes / Bacteroidetes et en augmentant les taxons de Lachnospiraceae, tous deux associés à une production accrue du butyrate (AGCC). De plus, des études animales ont montré la capacité des AGPI oméga-3 à augmenter les bactéries supprimant les lipopolysaccharides (LPS), les bifidobactéries, et pour diminuer les bactéries productrices de LPS, Enterobacteria , annulant le phénomène d'endotoxémie. Pour toutes ces actions, les AGPI oméga-3 peuvent être considérés comme des prébiotiques, capables de restaurer l'eubiose intestinale dans certaines conditions pathologiques.

Leur supplémentation aurait un effet positif sur la réduction des symptômes de ces maladies. Les dernières données suggèrent que les AGPI oméga 3 modulent la composition du microbiote intestinal et aident à la normaliser après avoir perturbé le stress environnemental.                      

Les acides gras à chaine courte (AGCC)

Actuellement, les AGCC sont considérés comme des médiateurs dans l'intestin et le cerveau en raison de leur rôle neuroactif, anti-inflammatoire et de leurs effets bénéfiques sur la santé du cerveau. Les fibres solubles, les protéines et les peptides, qui ne sont pas dégradés dans la partie supérieure de l'intestin par les enzymes digestives, sont métabolisés par le microbiote intestinal dans le caecum et le côlon. Leurs principaux produits sont les AGCC, notamment l'acétate, le propionate et le butyrate. Le butyrate est la principale source d'énergie des colonocytes et protège contre l'inflammation. L'acétate et le propionate peuvent aussi moduler l'inflammation ; ils augmentent également la production de certains peptides qui affectent la satiété et le transit intestinal.

Les AGCC régulent également la perméabilité de la BHE. Dans une étude préclinique, la colonisation de souris sans germes avec Clostridium tyrobutyricum (un producteur de butyrate) ou avec Bacteroides thetaiotaomicron (un producteur d'acétate et de propionate) a diminué la perméabilité de la BHE et a été associée à une expression accrue de la protéine occludine dans le cortex frontal et l'hypothalamus. Dans un modèle animal, l'administration intrapéritonéale et intraveineuse de butyrate de sodium a empêché la dégradation de la BHE et favorisé l'angiogenèse et la neurogenèse.

AGCC et métabolites du tryptophane

Précédemment, nous avons parlé de la neuroinflammation qui caractérise la plupart des maladies neuropsychiatriques. Elle résulte de l'activation des cellules microgliales et de la présence de leucocytes infiltrants périphériques dans le parenchyme du SNC. Lorsque les cellules microgliales sont en homéostasie, elles ne produisent pas de médiateurs pro-inflammatoires. Par conséquent, il n'y a pas de cellules immunitaires périphériques infiltrantes dans le cerveau et il n'y a pas de neuroinflammation. Les AGCC et les métabolites du tryptophane peuvent empêcher l'activation des astrocytes et des cellules microgliales en bloquant les facteurs de transcription pro-inflammatoires, ce qui conduit à l'homéostasie dans le cerveau

L’axe microbiote – intestin – cerveau : les AGCC peuvent augmenter l’expression de la claudine et occludine, permettant de diminuer la perméabilité de la BHE.

Sport

La pratique d’une activité physique régulière offre de nombreux avantages pour la santé, et se révèle une bonne stratégie pour réguler les réponses physiologiques de l’organisme face au stress. Il a été démontré que le sport module la flore intestinale dans le bon sens. Lorsque l’on compare le microbiote d’athlètes professionnels à celui de personnes sédentaires, les sportifs présentent une flore plus riche en AGCC, AGCC qui sont augmentés au cours de l’exercice physique.

Pathologies neuropsychiatriques

Dépression et anxiété

Si tu t'intéresses de près à la dépression, tu as certainement vu récemment passer la sortie d’une revue parapluie (juillet 2022) qui a mis à mal l’hypothèse selon laquelle la dépression résulterait d'un déséquilibre de la sérotonine (faisant de fait voler en éclats l’utilisation des IRSS). Plutôt que d’argumenter de mon côté, je te traduis la conclusion de cette revue et t’invite à la consulter :

Notre examen complet des principaux volets de la recherche sur la sérotonine montre qu'il n'y a aucune preuve convaincante que la dépression soit associée ou causée par des concentrations ou une activité de sérotonine plus faibles. La plupart des études n'ont trouvé aucune preuve d'une réduction de l'activité de la sérotonine chez les personnes souffrant de dépression par rapport aux personnes sans dépression, et les méthodes visant à réduire la disponibilité de la sérotonine en utilisant la déplétion en tryptophane n'abaissent pas systématiquement l'humeur des volontaires. (…) Cette revue suggère que l'énorme effort de recherche basé sur l'hypothèse de la sérotonine n'a pas produit de preuves convaincantes d'une base biochimique à la dépression. Ceci est cohérent avec la recherche sur de nombreux autres marqueurs biologiques. Nous suggérons qu'il est temps de reconnaître que la théorie de la dépression fondée sur la sérotonine n'est pas étayée empiriquement.

Ceci explique bien pourquoi si peu de personnes atteintes de dépression chronique ne voient pas leur maladie résolue. Ils se sentent plutôt ensuqués mais ça ne règle pas le problème. Que peut-on faire ?

Deux probiotiques semblent se démarquer en tant que thérapie adjuvante contre la dépression :

D’ailleurs, le laboratoire pionnier qui commercialise leur association, Lallemand, a déposé le brevet CEREBIOME®. Il s’agit du premier et unique psychobiotique approuvé par les autorités (au Brésil et Canada) dans le traitement de la dépression et anxiété. Dans une étude pilote récente de 2021, 10 participants dépressifs ont reçu ce psychobiotique (3x109 CFU) durant 8 semaines. Ils ont noté des « améliorations significatives des symptômes cliniques affectifs » dès la 4e semaine, effets qui se sont maintenus à la 8e semaine. Le sommeil était aussi meilleur et aucun effet secondaire n’a été relevé.

Et puis, il y a aussi la question de la thérapie par les psychédéliques, mais ce sera pour une autre fois 😉

Maladie d’Alzheimer

Plusieurs études ont suggéré que les agents infectieux pourraient être des facteurs déclenchants dans l’étiopathogénie de la maladie d’Alzheimer (virus, bactéries, champignons, parasites).

Une étude randomisée en double aveugle de 2019 a présenté des résultats encourageants dans la prise en charge d’Alzheimer. Grâce à une supplémentation de probiotiques, B.longum et Lactobacillus spp, en association avec du sélénium durant 12 semaines, les personnes souffrant d’Alzheimer ont eu une amélioration de leurs fonctions cognitives et métaboliques, ainsi qu’une réduction du stress oxydatif et des anomalies métaboliques (glycémie et lipides sanguins) par rapport au groupe prenant uniquement du sélénium et groupe contrôle

TSA (trouble du spectre autistique)

Beaucoup d’enfants et adultes atteints du TSA présentent généralement des symptômes digestifs. Le lien étroit avec la sphère digestive est assez évident par la clinique. Plus l’autisme est sévère, plus les symptômes gastro-intestinaux le sont : diarrhée, constipation sont très courants et s’alternent généralement. Les enfants autistes présentent une flore plus pauvre en bactéries fermentatives comme Prevotella copri, ils produisent donc bien moins d’AGCC, et ont globalement une flore plus pauvre.

Chercheur clé dans ce domaine, le Dr James B. Adams a réalisé avec ses collègues en 2017 un essai clinique ouvert avec 18 enfants (7 à 16 ans), comparativement à 20 enfants neurotypiques non traités. L’étude a duré 18 semaines :

La transplantation fécale de sujets sains à permis de réduire chez les enfants atteints de TSA jusqu’à 80% de leurs symptômes gastro-intestinaux. Aussi, les symptômes comportementaux se sont améliorés et ont été conservés 8 semaines après le traitement. Fait prometteur : deux années après la TMF, la plupart des améliorations persistaient.

Les auteurs reconnaissent bien la problématique d’un essai ouvert et suggèrent d’approfondir cette piste avec des essais randomisés, en double aveugle et contrôlés par placebo, étant donné ces résultats encourageants.

Trouble bipolaire

Pour le trouble bipolaire, la recherche est plus compliquée, très certainement en raison de l’hétérogénéité des formes de bipolarité et de la complexité du microbiote associé. Toutefois, une revue systématique récente (2022) a conclu :

L'apport alimentaire ou la supplémentation en acides gras insaturés, principalement en oméga-3, semble être associé à une amélioration des symptômes du trouble bipolaire, ainsi qu'avec les fruits de mer, l'acide folique et le zinc. Des études ont révélé des effets variables, principalement non significatifs, de la supplémentation en créatine, carnitine, vitamine D, inositol ou NAC sur la bipolarité. Il existe des résultats prometteurs associés à la coenzyme Q10 (Coq10) et aux probiotiques. Pris ensemble, ces résultats préliminaires suggèrent que des approches diététiques pourraient être incluses dans le cadre de son traitement. Compte tenu également du risque élevé de troubles métaboliques chez les personnes atteintes de bipolarité, elles devraient être encouragées à choisir des modes de vie alimentaires sains, y compris la consommation quotidienne de fruits, de légumes, de fruits de mer et de grains entiers.

Pourquoi le CoQ10 semble si intéressant pour le trouble bipolaire ? Une hypothèse serait que la bipolarité résulterait d’un trouble du complexe PDH (pyruvate déshydrogénase) et donc, d’une altération du métabolisme énergétique. L’association d’une alimentation cétogène donne de bons résultats.

Maladie de Parkinson

En 2015, Scheperjans et son équipe ont analysé le microbiote de 72 patients atteints de la maladie de Parkinson comparativement à celui de 72 sujets sains. Leur analyse du microbiote fécal des malades de Parkinson a permis de mettre en évidence un fort lien entre la maladie et l’axe microbiote-intestin-cerveau. Les patients présentaient :

Les malades de Parkinson semblent souffrir d’une dysbiose intestinale importante qui altère leur système nerveux entièrement. Des taux sanguins réduits de LPB (lipoprotein binding protein) sont détectés alors que ceux de LPS sont élevés.

Dans un essai clinique contrôlé par placebo, des patients atteints de la maladie de Parkinson ont été traités avec des probiotiques (Lactobacillus acidophilus , B. bifidum , L. reuteri et Lactobacillus fermentum) et l'échelle d'évaluation unifiée de la maladie de Parkinson de la Movement Disorders Society a été administrée avant et après l'intervention. Par rapport au placebo, le traitement probiotique a diminué les scores de l'échelle d'évaluation de la maladie de Parkinson, réduit la protéine C-réactive ultra- sensible, diminué les dommages oxydatifs et augmenté la défense enzymatique.

Schizophrénie

Les personnes atteintes de schizophrénie présenteraient un microbiote altéré avec :

Dans un essai, les patients (60) ont reçu une co-supplémentation de vitamine D (50 000 UI toutes les deux semaines) et probiotiques (8 × 109 UFC/jour de Lactobacillus acidophilus, Bifidobacterium bifidum, Lactobacillus reuteri et Lactobacillus fermentum) durant 12 semaines, contre placebo, pour évaluer l’effet clinique sur la schizophrénie chronique, à la lumière du score PANSS. L’essai a révélé :

Dans une autre étude pilote, les chercheurs ont travaillé sur le lien entre Candida et incidence de la schizophrénie. Cette étude a conclu :

Toutefois, ces effets concernés les sujets masculins. Pour eux, le traitement probiotique a permis de normaliser les niveaux d’anticorps anti-candida, les troubles digestifs, indiquant une direction positive prise par la flore commensale.

Conclusion de cette seconde partie

Quelle pourrait être ma conclusion finale pour clore ce grand article ?

Que la complexité des maladies neuropsychiatriques n’est pas aisée à dompter, il reste un sacré bout de chemin à effectuer. Toutefois, avec l’émergence de la recherche sur le microbiote (très récente dans l’histoire de la science), je pense que l’on tient quelque chose. Le fait est que notre flore intestinale semble avoir un impact sur à peu près tous nos différents systèmes, y compris notre expression génétique. Donc, une personne prédisposée/à risque d’une maladie neuropsychiatrique peut voir comme élément déclencheur sa dysbiose intestinale et syndrome de porosité intestinale.

Certains auteurs avancent dans leurs recherches que les maladies psychiatriques pourraient grandement bénéficier d’une prise en charge incluant un travail sur le nerf vague, associé à l’administration de probiotiques spécifiques, voire carrément d’une transplantation de microbiote fécal (les études sur l’autisme en sont un bon exemple).

Mais il est important d’envisager le problème dans sa globalité. Par exemple, le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) survient après un évènement traumatisant, qui laisse une trace profonde dans le cerveau de l’individu. Cet évènement « s’ancre » et modifie en profondeur le fonctionnement du cerveau et du système nerveux, constamment actionnés sur le mode du stress, du combat et de la fuite. Ce type d’impact a, à coup sûr, des répercussions sur la sphère digestive (communication bidirectionnelle, n’oublions pas). C’est pourquoi la prise en charge devrait à mon sens associer une psychothérapie adaptée, avec une intervention nutritionnelle et un travail « physique » avec le nerf vague (chiropracteur, kiné spécialisé, neurofeedback, acupuncture, thérapie de stimulation du NV…). Cette trithérapie permet d’assurer au patient une intervention globale et fonctionnelle de sa problématique.

Prendre en charge un trouble psychiatrique n’est jamais aussi simple que d’administrer un probiotique ou un complément alimentaire. La diète l’emporte toujours, nettement supérieure, car la modulation du microbiote est plus complète. Dans ma pratique, j’ai beaucoup utilisé l’alimentation cétogène pour prendre en charge nutritionnellement les patients souffrants de tels troubles. La plupart du temps, les symptômes digestifs étaient améliorés. Pour la cognition, c’était au cas par cas, il faut tester !

Une chose est sûre, l’intestin est réellement notre deuxième cerveau 🦠

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J’ai toujours été très intéressée par les maladies neurologiques et psychiatriques. La recherche sur l’axe microbiote-intestin-cerveau est désormais un sujet ancré dans la littérature et dont les conclusions sont encourageantes pour la compréhension de ces troubles. Malheureusement, leur application en tant qu’agents adjuvants en psychiatrie est loin d’être généralisée. Les prises en charge de la plupart des troubles neuropsychiatriques reposent sur des médicaments. Par exemple, les patients atteints de dépression se voient prescrire des anti-dépresseurs, des anxiolytiques mais quid du microbiote dysbiotique ? de la porosité intestinale ? qui sont pourtant des constats réguliers en consultations et dans les études. Aux USA, certains médecins pratiquent la psychiatrie intégrative, prenant en charge leurs patients dans leur globalité et tenant compte de leur terrain. En France, cela demeure bien trop rare, si ce n’est inexistant. Tout au plus, certains gastro-entérologues se saisissent du sujet, mais pas les psychiatres. Pourtant, le patient aurait tout à gagner d’une fusion de ces compétences, mais pour l’heure, je me suis dit que rédiger un article à ce sujet serait déjà ça de pris, car je reçois régulièrement des questions concernant la connexion possible entre santé intestinale et santé mentale. Je m’en réjouis. Oui ! toutes deux sont intrinsèquement liées, comme des sœurs jumelles. Si tu es atteint d’une maladie neurologique, d’une maladie psychiatrique, ou bien que tu sais être prédisposé (antécédents familiaux), qu’un proche en souffre, ou que tu es professionnel de santé confronté à ces soucis, cet article te dépeint pourquoi tu as raison de soupçonner cette intime relation.

Quels troubles et maladies seraient concernés ?

Mais également les migraines et différentes formes d’épilepsie.

La fragilité de deux barrières

Le tractus gastro-intestinal et le cerveau se développent à partir de parties étroitement liées de l'embryon. Ces deux parties ont en commun des barrières vasculaires spécifiques et spécialisées, à savoir la barrière épithéliale intestinale et la barrière hémato-encéphalique (BHE). Le développement de la BHE commence au début de la vie intra-utérine et se poursuit jusqu'aux premiers stades postnatals de la vie. Une bonne formation de la BHE fournit un microenvironnement adéquat pour la croissance et la spécification des neurones. La BHE, lorsqu'elle est intacte, protège contre la colonisation du microbiote au moment crucial du développement cérébral du nouveau-né. Dans la période postnatale, il protège également des métabolites bactériens et de l'exposition à de nouvelles molécules lors du basculement métabolique (lorsque la dépendance aux glucides passe au catabolisme des acides gras). Ce contrôle du passage et des échanges de nutriments et de particules entre le sang et le cerveau assure l'homéostasie du système nerveux central (SNC). Le microbiote peut affecter la perméabilité à la BHE chez les souris fœtales et adultes.

La barrière intestinale

Le terme de « intestin poreux » désigne le fait que la barrière intestinale est devenue perméable. Vulgairement, elle fuit. Il ne s'agit pas d'une maladie ou d'une affection en soi. C'est un symptôme d'inflammation et de déséquilibre qui a de nombreuses causes. La liste des problèmes de santé associés à une perméabilité intestinale est de plus en plus importante, à mesure que la recherche fait du lien et s’intéresse au microbiote. Actuellement, il existe plus de 19k articles de recherche sur la perméabilité intestinale.

Notre intestin grêle a une fonction double :

Notre épithélium intestinal (schématisé ci-dessous) se renouvelle très rapidement et efficacement, mais ce renouvellement doit être finement orchestré par l’organisme, sous peine de créer un déséquilibre.

La monocouche épithéliale intestinale est composée de différents types de cellules épithéliales spécialisées :

Représentation de la barrière intestinale saine et ses types cellulaires

Collectivement, ces cellules forment une barrière normalement imperméable grâce aux jonctions serrées intracellulaires, aux jonctions adhérentes et aux desmosomes. Également, derrière patrouillent de nombreuses cellules immunitaires, prêtes à agir à la moindre introduction anormale (plaque de Peyer).

Il a donc une fonction de barrière protectrice, afin que les particules nocives pour nous ne puissent pas accéder à notre milieu intérieur (car la lumière intestinale demeure le milieu extérieur). L’intégrité et la fonctionnalité de notre paroi intestinale dépendent des molécules telles que la zonuline (découverte par le Dr Allesio Fasano et son équipe de recherche), l'occludine, la claudine 1, la E-cadhérine, JAM-1, les caténines, la cinguline et l'actine : c’est ce que l’on appelle les jonctions serrées et adhérentes.

Micrographie électronique et schéma correspondant du complexe jonctionnel d'une cellule épithéliale intestinale

Normalement, les entérocytes sont reliés entre eux par ces jonctions intercellulaires, qui empêchent les grosses molécules de passer dans la circulation sanguine. Les jonctions s'ouvrent sélectivement pour laisser passer certaines molécules, mais elles restent principalement fermées. Lorsque les jonctions sont enflammées ou dysfonctionnelles, elles se relâchent et les grosses molécules passent. Les substances qui passent par les jonctions intracellulaires sont considérées par notre système immunitaire comme étrangères, ce qui stimule une réaction du immunitaire.

Qu'est-ce qui peut perturber l'épithélium intestinal ?

L’intégrité de la couche épithéliale intestinale est une priorité pour qu’elle demeure fonctionnelle, qu’elle puisse continuer à remplir ses rôles. Également, la bonne santé du microbiote intestinal est de mise.  Des milliards de bactéries commensales résident dans notre lumière intestinal et jouent un rôle vital dans la digestion et le développement du système immunitaire. 

C’est une perpétuelle adaptation qui se joue entre nos cellules épithéliales intestinales (CEI), nos cellules immunitaires et notre flore, afin de nous protéger. Les CEI captent les changements du microbiote et signalent aux cellules immunitaires de s’adapter et d’intégrer les nouvelles informations. Malheureusement, des signaux négatifs sont également intégrés, et peuvent déclencher une réaction du système immunitaire anarchique (ex : maladies auto-immunes) et une inflammation systémique (généralisée). Ce schéma récapitule les coupables rencontrés et les conséquences :

Facteurs affectant l'intégrité de la barrière intestinale et implications pathologiques (reproduction)

La barrière hémato-encéphalique (BHE)

La BHE est constituée de cellules endothéliales capillaires, qui forment ce que l’on nomme « l’unité neurovasculaire » et qui comprend également les neurones, la matrice extracellulaire, les péricytes et astrocytes. Ces cellules endothéliales capillaires sont reliées par des jonctions serrées intracellulaires et ces dernières contrôlent le passage des substances présentes dans le sang vers le cerveau. Grâce à elles, l’équilibre du SNC est maintenu, dans des conditions homéostasiques. Mais ! Le microbiote peut affecter la perméabilité de la BHE, à l’image de la barrière intestinale.

Les associations cellulaires de la BHE

Récemment, quelques études ont suggéré que le microbiote peut affecter directement le cerveau et l'intestin de plusieurs manières. Avec les protéines de transport sélectives, la BHE permet aux nutriments, à l'oxygène, aux acides aminés, à certains médicaments et au glucose de pénétrer dans le liquide céphalo-rachidien (LCR) et empêchent les autres. Dans le même temps, il permet la diffusion de nombreuses petites molécules polaires, de gaz dissous, d'hormones et des molécules hydrophiles. Comme les barrières partagent des protéines et caractéristiques communes, il ne fait aucun doute qu'elles peuvent être sensibles à des mécanismes similaires de violation, qu'ils soient biochimiques ou physiques, ce qui soutient l’hypothèse d'un syndrome plausible intestin perméable/cerveau perméable.

Problème : le cerveau est un organe extrêmement gras, environ 60 %. C’est le second organe le plus riche en graisses, après le tissu adipeux. Cette information est capitale : la plupart des toxines sont lipophiles. Autrement dit, le risque d’accumulation cérébrale serait très grand s’il n’existait pas de frontière fonctionnelle.

L'affaiblissement de la BHE peut être le résultat d'une perturbation des cellules endothéliales due à un dysfonctionnement de la P-glycoprotéine. Les neurones peuvent influencer la perméabilité, tout comme la matrice extracellulaire et les cellules non neuronales, notamment les astrocytes, péricytes et les cellules endothéliales vasculaires.

La communication bidirectionnelle nommée « axe microbiote-intestin-cerveau »

Voie neurale

Le nerf vague : l'autoroute qui relie deux mondes

Le nerf vague, dixième nerf crânien et acteur principal du système nerveux parasympathique (SNP), part du tronc cérébral jusqu’à l’abdomen et participe à de nombreuses fonctions, dont notre digestion. Son neurotransmetteur « maître » est l’acétylcholine (ACh), qui stimule entres autres les contractions musculaires du SNP via les récepteurs nicotiniques et muscariniques. Ses fibres nerveuses sont réparties comme suit :

Communication entre le système nerveux central et le microbiote par le nerf vague. Le fait que la fonction vagale soit essentiellement afférente (80 %) indique la grande place laissée aux informations qui nous sont extérieures, d’où le fait qu’elle soit souvent cataloguée de « sixième sens ». Les fibres afférentes peuvent être stimulées par les composants du microbiote directement ou indirectement via les cellules endocrines intestinales (CEI). Les fibres afférentes exercent des stimuli sur le système nerveux central via le réseau central autonome (RCA). Elles sont capables de stimuler les fibres efférentes par le réflexe inflammatoire. Les fibres efférentes peuvent réduire l'inflammation digestive et réduire la perméabilité intestinale en renforçant les jonctions serrées. Ces actions des fibres efférentes vagales peuvent indirectement moduler la composition du microbiote. 

Le système nerveux entérique (SNE)

Il s’agit de celui que l’on nomme « deuxième cerveau » à juste titre : un réseau électrique propre à l’intestin, et très similaire dans sa structure et fonctionnement. Le SNE est constitué de deux plexus :

Il règne sur la sphère digestive, orchestre ses fonctions et communique avec le nerf vague via l’activation cholinergique (récepteurs nicotiniques). Les neurones du SNE sont en relation étroite avec les cellules du système immunitaire adaptatif et inné et régulent leurs fonctions et activités. Le SNE produit plus de 30 neurotransmetteurs (hormones, peptides) et peut les libérer dans la circulation sanguine. Ces éléments traverseront la BHE pour apporter des informations au cerveau, soutenus par le nerf vague qui travaille en parallèle.

Voie immunitaire

Les cellules du système immunitaire, largement présentes au niveau de l’intestin comme nous l’avons vu précédemment, sont capables de générer des molécules pro-inflammatoires qui rejoignent la circulation sanguine et peuvent atteindre le cerveau (→ neuroinflammation). Par exemple, il a été observé que des patients atteints de trouble dépressif majeur (TDM), de trouble bipolaire et de schizophrénie avaient des taux de cytokines pro-inflammatoires dans le sang élevés, ainsi que d’autres marqueurs comme la protéine C-réactive. L’observation était d’ailleurs similaire dans le liquide céphalo-rachidien.

Notre système immunitaire a la capacité de reconnaitre des éléments indésirables grâce à des récepteurs spécifiques (TLR : Toll-Like Receptors). Cette détection induit une cascade de signalisations pour produire des médiateurs pro-inflammatoires :

afin de les éliminer. Toutefois, cette inflammation locale, si persistante, peut induire une perméabilité de la BHE→ activation des cellules microgliales.

Voie métabolique

Selon la composition du microbiote, les neurotransmetteurs, leur métabolisme et leur synthèse peuvent être modulés, et donc, nos émotions et notre comportement également. Voici des exemples :

Cette production est censée agir principalement localement, sur le SNE. Mais ce peut être suffisant : le microbiote intestinal peut moduler l’activité sérotoninergique, dopaminergique, noradrénergique, glutamatergique et gabaminergique, et l'on sait que l’altération du métabolisme des neurotransmetteurs est un facteur pour de nombreuses pathologiques neuropsychiatriques. Aussi, la sérotonine peut être consommée par des bactéries et parasites et donc, toute dysbiose ou parasitose sera une potentielle menace pour la santé mentale.

Voie endocrinienne

Il a été démontré qu'une exposition chronique à des cytokines inflammatoires élevées peut entraîner une dépression. Un axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) surstimulé est le plus souvent observé chez les sujets souffrant de dépression plus sévère (c'est-à-dire mélancolique ou psychotique), lorsque les mécanismes inhibiteurs de la rétroaction du cortisol sont altérés, contribuant à la sursécrétion de cytokines. Cela pourrait s'expliquer par le fait que la surexpression des cytokines entraîne une réduction des niveaux de sérotonine. Dans cette optique, le traitement avec des agents anti-inflammatoires a le potentiel de réduire les symptômes dépressifs. Les maladies inflammatoires intestinales (MII) sont donc un facteur de risque important pour les troubles de l'humeur et l'anxiété, et ces troubles psychiatriques augmentent le risque d'exacerbation des MII.

Un stress important, de toute nature, va induire une grande production de cytokines pro-inflammatoires. Ces niveaux élevés et chroniques de cytokines activent en permanence le système limbique, un centre cérébral responsable de nos émotions et de notre comportement. En réponse, vont être stimulés l’hypothalamus (corticotrophine), puis l’hypophyse (ACTH) et les glandes surrénales pour produire et sécréter du cortisol, l’hormone reine du stress qui possède de grands effets anti-inflammatoires et immunosuppresseurs. Le cortisol agit sur plusieurs organes, dont le cerveau. Et inversement, le cerveau indiquera au nerf vague (fibres efférentes) de devenir hypotonique et de sécréter de l’acétylcholine pour inhiber les cytokines inflammatoires au niveau intestinal. Donc oui ! Un cercle bien vicieux…

Conclusion de cette première partie

L’axe microbiote-intestin-cerveau est désormais largement documenté et prometteur pour la prise en charge des maladies neurologiques et psychiatriques. Le rôle central que joue le nerf vague, en association avec bien d’autres acteurs, est absolument déterminant à comprendre si tu es concerné par l’une des maladies citées. Et c’est encore plus important si tu es praticien de santé : le travail sur le microbiote intestinal grâce à l’alimentation, les compléments alimentaires, l’amélioration de l’hygiène de vie et d’autres thérapies adjuvantes feront partie de tes conseils pour une prise en charge plus humaine et intégrative.

Je te laisse maintenant découvrir la seconde partie de cet article 😉

Lipski, Elizabeth. Digestive Wellness: Strengthen the Immune System and Prevent Disease Through Healthy Digestion, Fifth Edition . McGraw-Hill Education.

Camilleri, Michael. “Leaky gut: mechanisms, measurement and clinical implications in humans.” Gut vol. 68,8 (2019): 1516-1526. doi:10.1136/gutjnl-2019-318427

Chelakkot, C., Ghim, J. & Ryu, S.H. Mechanisms regulating intestinal barrier integrity and its pathological implications. Exp Mol Med 50, 1–9 (2018). doi.org/10.1038/s12276-018-0126-x

Bonaz, Bruno et al. “The Vagus Nerve at the Interface of the Microbiota-Gut-Brain Axis.” Frontiers in neuroscience vol. 12 49. 7 Feb. 2018, doi:10.3389/fnins.2018.00049

Breit, Sigrid et al. “Vagus Nerve as Modulator of the Brain-Gut Axis in Psychiatric and Inflammatory Disorders.” Frontiers in psychiatry vol. 9 44. 13 Mar. 2018, doi:10.3389/fpsyt.2018.00044

Wolburg, Hartwig, and Andrea Lippoldt. “Tight junctions of the blood-brain barrier: development, composition and regulation.” Vascular pharmacology vol. 38,6 (2002): 323-37. doi:10.1016/s1537-1891(02)00200-8

Socała, Katarzyna et al. “The role of microbiota-gut-brain axis in neuropsychiatric and neurological disorders.” Pharmacological research vol. 172 (2021): 105840. doi:10.1016/j.phrs.2021.105840

Generoso, Jaqueline S et al. “The role of the microbiota-gut-brain axis in neuropsychiatric disorders.” Revista brasileira de psiquiatria (Sao Paulo, Brazil : 1999) vol. 43,3 (2021): 293-305. doi:10.1590/1516-4446-2020-0987

Bon nombre de troubles et maladies sont très simples à comprendre dans leurs mécanismes. La plupart ont des causes similaires, mais des manifestations diverses selon les individus. Quand j’ai commencé à songer à créer Atavi, la première raison était mon constat fait après des années de consultations : de multiples motifs de consultations, mais une poignée de causes toujours en jeu. Je me retrouvais systématiquement à expliquer les mêmes principes de santé à chacun de mes patients. Qu’une personne soit atteinte de diabète, d’un SOPK, d’une maladie auto-immune, d’un cancer, qu’elle soit fatiguée ou insomniaque… Les grandes lignes étaient toujours similaires, et j’ai alors pensé qu’il me faudrait réunir tout en un seul et même lieu. Donc, à travers cet article, je compte te présenter les leçons que j’ai tirées au fil de mon expérience, qui m’ont permis d’ériger une méthode, une progression précise que j’utilise en suivi avec mes patients, et par la même occasion, cela me permet de te présenter la future catégorie de cours à venir pour Atavi : Road To Wellness (RTW). J’ai élaboré 4 grandes étapes à respecter, précisément dans cet ordre :

  1. Restaurer les fondations santé
  2. Ouvrir les voies de drainage
  3. Travail d’élimination (détox) + soutien et protection du système immunitaire
  4. Rythme de croisière

Léonard de Vinci disait que le mouvement est le principe de toute vie, et laisse-moi te dire qu'il avait sacrément raison ! C'est une idée que j'aime reprendre pour illustrer à quel point un corps immobile, dans tous ses aspects, sera altéré, affaibli. Quand il s'agit de maladie, c'est la même chose. S'il manque quelque chose à l'organisme, si quelque chose ne fonctionne pas correctement, qu'il y a un ralentissement ou une immobilité, on voit apparaître des troubles et pathologies, et cette méthode vise à relancer la formidable machine qu’est le corps. J’ai décidé de te partager ma feuille de route, celle que j’ai utilisée avec succès avec mes patients, peu importe le problème de départ. Cette méthode sera détaillée dans la catégorie de cours intitulée « Road to wellness ». Je t’explique ici dans quel sens va s’articuler la progression de ces cours, et dans quel ordre les consulter pour bien comprendre la logique. Prends des notes !

Etablir les fondations santé

Avant même d'envisager un quelconque travail sur l’organisme, il est impératif d'établir des fondations santé élémentaires et suffisamment solides. Pourquoi ? Parce que chercher à travailler sur un organisme pollué, abîmé, fatigué, sans lui fournir les armes pour traverser une détox, c'est prendre le grand risque d'accentuer les symptômes et d'aggraver le problème de santé. Il va ainsi falloir soutenir toutes les fonctions de l'organisme grâce à des mesures d'hygiène de vie logiques, mais néanmoins négligées. Qu'elles sont-elles ?

Si tous ces éléments n'ont pas été travaillés et améliorés, il ne me semble pas judicieux de passer à l'étape de l'ouverture des voies de drainage, et encore moins à celle du travail d'élimination. Ces fondations sont le socle sur lequel repose notre santé. Par exemple, notre système immunitaire a besoin de nombreux nutriments pour fonctionner pleinement (protéines, acides gras, vitamines D, A, C, zinc...), que l'organisme ne soit pas trop stressé (cortisol, effet immunosuppresseur) ou fatigué (manque de sommeil), que les mitochondries puissent fonctionner à plein régime avec le moins de stress oxydatif possible (soleil, repos, antioxydants) etc.

Toutes ces recommandations sont des mesures applicables pour tous, à tout moment, et doivent être maintenues lorsqu'on passe aux étapes suivantes et au-delà. Ce sont les fondations de la santé.

Ouvrir les voies de drainage

Cette partie fondamentale possède déjà son propre cours sur atavi : OUVRIR LES VOIES DE DRAINAGE

Ainsi que le protocole adapté : ouvrir les voies de drainage – travail sur les émonctoires

Grâce aux précieuses indications que je te donne sur la plateforme, les multiples outils dont tu disposes pour faire ce travail n'auront plus de secrets pour toi.

Le travail d'élimination (détox)

Le terme de détox est devenu tellement à la mode et repris par le marketing, qu'il m'a longtemps été difficile de le prononcer. Après tout, beaucoup de gourous prononcent ce terme à tout-va sans même comprendre ce qu'il implique. Avec Atavi.fr, je compte bien me saisir de ce sujet capital pour t'aider à comprendre ce qu'il comprend, quels sont ses mécanismes et les organes impliqués, et ce que tu peux mettre en place pour le soutenir au maximum.

Chaque maladie, chaque symptôme va et doit bénéficier d'un travail sur les voies de drainage et la détoxification. Sache que ton corps se détoxifie tous les jours, il est équipé pour ça. Toutefois, on ne peut pas nier l'abondance d'éléments néfastes dans notre environnement, qui ne facilitent pas la tâche de notre corps. Dans certains cas, il sera submergé de travail : c'est la maladie. Voici des exemples d'éléments toxiques que l'Homme a créé et qui nous empoisonnent doucement mais sûrement :

Au départ, notre corps est étudié pour éliminer correctement de l'organisme les déchets du métabolisme, des éléments que nous produisons (et c'est tout à fait normal). Mais les éléments toxiques ajoutés dans notre environnement depuis l'ère industrielle sont venus surcharger ce travail, qui n'a plus rien de naturel.

Au quotidien, nous y sommes exposés :

Egalement, des éléments tels que les pathogènes (virus, bactéries, parasites, champignons) peuvent poser souci. Mais tu apprendras sur Atavi.fr qu'ils deviennent problématiques pour les organismes pollués surtout. Une personne en excellente santé, qui fait du sport et se nourrit bien, et est vigilante quant à son exposition aux divers polluants, aura largement moins de problèmes avec les organismes pathogènes.

Par exemple, si ta problématique est un Lyme chronique, un SIBO/SIFO, une candidose, un EBV actif, un syndrome de fatigue chronique, une hypothyroïdie, de l'acné, de l'endométriose… Bref, le spectre est large ! Tu as tout intérêt à envisager les choses sous l'angle de l'ouverture des voies de drainage et du soutien des processus de détoxification, car toutes ces maladies ont pour point commun de sévir au sein d'un organisme qui ne tient plus la cadence.

On convient donc que face à cette marée de pollutions, un soutien de l'organisme devient nécessaire. Mais attention, la "détox" n'est PAS :

Se détoxifier, c'est comprendre comment le corps travaille à éliminer les déchets, et soutenir un maximum ces mécanismes grâce à toutes les bases dont je t'ai parlées précédemment (nutrition, ouverture des voies de drainage etc) + utilisation de certains compléments alimentaires (comme des binder) et outils pour soutenir le tout.

Et pendant que l'on effectue ce travail, soutenir et protéger son système immunitaire devient plus impératif que jamais. Cela passe par de multiples choses, à commencer par la nutrition (et la supplémentation très souvent : vitamine C, vitamine D et E, zinc, sélénium…), donner la priorité à son sommeil, la pratique d'une activité physique, le temps passé en extérieur, dans la nature, et réduire son stress, à veiller à avoir un transit suffisant… Autrement, tout ce qui t'est enseigné sur Atavi !

Le rythme de croisière

Dans la continuité du concept de soutien et de renforcement du système immunitaire, une fois que le travail sur l'organisme est effectué, que l'on se sent mieux, que les symptômes ont disparu, on va persister sur cette voie afin de ne pas laisser l'opportunité que tout se reproduise.

On continue ainsi de donner la priorité à sa santé, en maintenant toutes les nouvelles résolutions en place, comme nouvelle hygiène de vie de base. Pour cela, je te recommande de continuer à visionner tous nos cours, de télécharger nos documents et de ne pas hésiter à poser toutes tes questions sur notre forum et au cours de nos webinaires. Personne mieux que toi n'est placé pour prendre soin de ta santé.

Toute personne qui s'instruit à sa santé devient son meilleur soignant. J'ai toujours pensé que l'enseignement de la nutrition, de la gestion du stress, l'encouragement à faire du sport et autres bases élémentaires de la santé devraient être enseignées à l'école, mais ce n'est malheureusement pas le cas. Ma ligne de conduite, et ce qui m'a amenée à créer Atavi.fr, est donc celle-ci : t'offrir ton espace de santé qui va te permettre de rattraper tout ça ! 😉

Partage sans modération cette feuille de route, et n'oublie pas que tu peux aussi offrir un accès à Atavi à l'un de tes proches qui aurait besoin de notre aide grâce à notre CARTE-CADEAU 💚

La thyroïdite de Hashimoto , plus souvent appelée simplement Hashimoto, est une maladie auto-immune et considérée comme la cause la plus fréquente d'hypothyroïdie (pour environ 90 % des cas d'hypothyroïdie), mais les anticorps thyroïdiens ne sont pas toujours testés par les médecins. Il y a une raison très simple à cela : bien que la thyroïdite d'Hashimoto soit une maladie auto-immune, elle ne répond pas aux médicaments couramment prescrits pour les autres maladies auto-immunes. La seule solution médicamenteuse proposée à l'heure actuelle est le traitement hormonal substitutif (THS) : l'administration d'hormones thyroïdiennes. Le médicament le plus prescrit est le Levothyrox® qui apporte à l'organisme de la L-thyroxine (l'hormone T4). D'autres médicaments peuvent être prescrits, comme le Tcaps® ou l'Euthyral®, mais ils le sont dans une moindre mesure.

Voici un premier problème, et grand motif de mes consultations : si ces médicaments apportent des hormones thyroïdiennes, ils n'empêchent en rien l'attaque auto-immune que subit la glande thyroïdienne. Ceci explique pourquoi beaucoup de personnes traitées ne voient pas leurs symptômes complètement disparaître : la glande thyroïdienne demeure inflammée. Bien souvent également, ces personnes convertissent très mal la L-thyroxine en sa forme biologiquement active : la T3 (triiodothyronine).

Hashimoto se caractérise par l'élévation des anticorps anti-thyroglobuline et/ou anticorps antithyroperoxydase. Ces éléments font partie de la glande thyroïdienne (j'explique leur fonction dans ma masterclass : les maladies auto-immunes de la thyroïde en santé fonctionnelle) et sont attaqués par le système immunitaire de la personne. Cette attaque empêche la thyroïde de fabriquer correctement ses hormones thyroïdiennes : c'est alors l'hypothyroïdie.

Mais d'abord : que signifie être en rémission ?

Le mot « rémission » fait référence à une réduction de la gravité d'une maladie.

En ce qui concerne la maladie de Hashimoto, la rémission est caractérisée par le fait que les anticorps thyroïdiens anti-TPO (thyroperoxydase) et anti-Tg (thyroglobuline) soient à zéro ou dans les limites normales. Et cela signifie généralement que les symptômes d'Hashimoto sont mieux contrôlés et gérés, car l'attaque et la destruction de la glande thyroïde sont soit arrêtées, soit ralenties. On se sent mieux.

Essentiellement, la progression de la maladie est stoppée ou ralentie.

Les symptômes qui persistent malgré le traitement…

Les hormones thyroïdiennes régulent notre métabolisme, donc autant dire que si la glande thyroïdienne ne parvient pas à en produire suffisamment, ou bien si ton organisme n'arrive pas à convertir la T4 en T3, tu risques de ressentir quelques-uns des effets suivants :

Que peux-tu mettre en place pour réduire tes symptômes et faire baisser tes anticorps ?

On me demande souvent s'il est nécessaire de faire tester régulièrement ses anticorps pour voir où l'on en est. J'ai pour habitude de recommander un dosage tous les 2 à 3 mois. En faire davantage n'est pas utile, hormis lorsque ton médecin cherche à déterminer le bon dosage pour ton traitement, mais ici je parle uniquement de chercher à évaluer ta progression grâce aux modifications de ton hygiène de vie.

Et petit aparté : si tu viens d'une famille où les maladies auto-immunes sont courantes, en particulier celles qui touchent la glande thyroïdienne comme Hashimoto ou Basedow, je te recommande de faire une fois par an un bilan sanguin avec ton médecin. Cela te permettra de faire régulièrement le point et pouvoir prendre rapidement les devants à la moindre anomalie. Les maladies auto-immunes s'installent généralement sur plusieurs années, tu peux donc anticiper la chose. N'hésite pas à prêter attention au moindre symptôme et à bien te renseigner sur Atavi.

Une stratégie alimentaire bien calibrée

La stratégie alimentaire est à mon sens au cœur de la prise en charge d'un Hashimoto. Avec mes patients, on a obtenu d'excellents résultats rien qu'avec un régime alimentaire spécifique adapté, dont je te détaille les principes dans mon webinaire : La thyroïdite d'Hashimoto - stratégies alimentaires. Parmi les alimentations que je traite au cours de cette présentation, tu trouveras l'AIP, le régime cétogène et le régime GAPS parmi mes favoris. Grâce à ces alimentations, on fait un travail en profondeur sur la barrière intestinale inflammée, lésée, et le microbiote intestinal dysbiotique. Ces problématiques sont à la fois l'origine et la solution à tes symptômes persistants et tes anticorps élevés.

Tu peux également retrouver sur ma plateforme des protocoles adaptés ainsi que le forum pour me poser toutes tes questions relatives à ton Hashimoto et la façon de t'y prendre pour améliorer ton état de santé.

Quoi qu'il en soit, une alimentation strictement sans gluten donne généralement une amélioration. C'est probablement l'intervention nutritionnelle la plus souvent citée pour aider à contrôler Hashimoto. Une étude a suggéré qu'un régime sans gluten pourrait apporter des avantages cliniques aux femmes atteintes d'une maladie thyroïdienne auto-immune.

Et les micronutriments ?

Les carences peuvent aussi grandement contribuer à la sévérité des symptômes d'un Hashimoto, d'une part car certains sont fortement impliqués dans la bonne fonction du système immunitaire, de l'intégrité de la barrière intestinale et du microbiote, et d'autre part parce que d'autres participent à la fabrication des hormones thyroïdiennes, mais aussi leur conversion et leurs effets sur les cellules de l'organisme. Avoir une alimentation dense en nutriments est le premier point requis et indispensable. Toutefois, un Hashimoto peut nécessiter de se supplémenter :

Et si tu es perdu pour choisir tes compléments alimentaires parce qu'il existe tellement de choix, et que tu ne comprends rien aux étiquettes, je t'invite à visionner les deux webinaires suivants :

Les formes de micronutriments dans les compléments alimentaires (partie 1 : vitamines)

Les formes de micronutriments dans les compléments alimentaires (partie 2 : minéraux)

Avec ça, tu devrais devenir un pro des compléments alimentaires pour ton Hashimoto 😉

L'utilisation d'enzymes digestives est un outil que j'utilise très souvent. Les enzymes permettent de mieux digérer ce qui est mangé, donc d'apporter plus de nutriments, et les enzymes digestives font très souvent défaut dans Hashimoto en raison de l'impact de la maladie sur les fonctions digestives. Aussi, l'incorporation de probiotiques, sous forme d'aliments fermentés et de suppléments est souvent une bonne stratégie.

L'importance de ton hygiène de vie

Comme j'aime à le rappeler : les personnes atteintes de la thyroïdite d'Hashimoto ne doivent pas forcément faire des choses exceptionnelles et qui sortent de l'ordinaire pour leur santé, elles doivent surtout être plus vigilantes que les autres quant à leur hygiène de vie. Mais les conseils donnés dans le cadre d'un Hashimoto sont des conseils que tout le monde devrait appliquer pour sa santé.

La pratique d'une activité physique régulière et adaptée est un grand pivot. Bouger favorise la détoxification, la digestion et calme l'esprit. La quantité et le type de sport sont à adapter à chacun, le tout est de trouver un équilibre pour en faire assez, mais pas trop, et se sentir bien !

La qualité du sommeil, un autre incontournable : un mauvais sommeil impacte grandement nos hormones, dont le tandem cortisol/mélatonine dont la régulation est essentielle aux hormones thyroïdiennes. N'hésite pas à jeter un coup d'œil à mon document : Les secrets d'un bon sommeil.

Limiter au maximum le stress chronique, un véritable "tueur" du système immunitaire et de la thyroïde. D'ailleurs, on entend souvent le terme de "fatigue surrénalienne", un concept sur lequel je fais le point dans cet article, pour comprendre ce qui stresse réellement le corps au quotidien, et les mécanismes impliqués.

Tous les Hashimoto ne sont pas les mêmes

Il me semble important de préciser que ton objectif ne devrait pas être de stopper ton traitement, mais de te sentir bien ! Si toutes les mesures que tu apprends sur atavi portent leurs fruits, il se peut que ton traitement demeure nécessaire, et ce n'est absolument pas un échec, au contraire. La plupart des personnes atteintes d'une thyroïdite d'Hashimoto ont perdu bien trop de fonction thyroïdienne pour envisager un retour à la normale et se passer de leur médicament. Certaines prises en charge très précoces, aux premiers stades de la maladie détectés, peuvent y parvenir, mais il est par expérience très rare que ce soit un motif de consultation. En général, la maladie est déjà largement installée dans le sens où la glande thyroïdienne a trop été attaquée par le système immunitaire. Cependant, on note parfois une nécessité de diminuer le dosage.

Un Hashimoto peut avoir bien des causes différentes, c'est ce que je retiens de mon expérience auprès des personnes m'ayant consultée. Parasites, mycotoxines, stress chronique, traumatisme non résolu, dysbiose intestinale, Lyme et ses co-infections… Autant de choses auxquelles le système immunitaire et la glande thyroïdienne sont très sensibles.

C'est pourquoi l'approche doit être personnalisé, et c'est aussi la raison qui me pousse à rappeler que personne mieux que toi ne connaît tes symptômes, ton mal-être mais également les choses qui te font du bien.

En tant que praticienne en santé fonctionnelle, j'ai toujours répété cela à mes patients. Je sais à quel point chacun est différent, et mon rôle est surtout de te guider sur les interventions et les changements que tu dois impérativement apporter pour faire la différence, en fonction des symptômes que tu ressens. 

Ce que je te propose d'apprendre sur ATAVI est à la fois de diminuer les anticorps ET les symptômes, car toi seul en tant que patient a ce pouvoir.

Chaudhary, Sandeep et al. “Vitamin D supplementation reduces thyroid peroxidase antibody levels in patients with autoimmune thyroid disease: An open-labeled randomized controlled trial.” Indian journal of endocrinology and metabolism vol. 20,3 (2016): 391-8. doi:10.4103/2230-8210.179997

Gärtner, Roland et al. “Selenium supplementation in patients with autoimmune thyroiditis decreases thyroid peroxidase antibodies concentrations.” The Journal of clinical endocrinology and metabolism vol. 87,4 (2002): 1687-91. doi:10.1210/jcem.87.4.8421

Krysiak, Robert et al. “The Effect of Gluten-Free Diet on Thyroid Autoimmunity in Drug-Naïve Women with Hashimoto's Thyroiditis: A Pilot Study.” Experimental and clinical endocrinology & diabetes : official journal, German Society of Endocrinology [and] German Diabetes Association vol. 127,7 (2019): 417-422. doi:10.1055/a-0653-7108

Travailler sur l'ouverture des voies de drainage du corps humain est un incontournable santé, pour tous. Les personnes souvent malades, fatiguées, avec un brouillard mental et des fonctions cognitives diminuées, une prise de poids facile, des troubles du sommeil, des troubles digestifs et autres, ont tout intérêt à suivre et appliquer les conseils que je donne dans ce cours. Les émonctoires du corps humain peuvent être facilement et rapidement submergés en raison de notre mode de vie qui n'est plus adapté à notre physiologie de base : nous sommes trop stressés, dormons mal, mangeons, buvons et inhalons de nombreux éléments problématiques qui peuvent conduire à une accumulation que le corps ne parvient plus à gérer seul, et nous sommes bien trop sédentaires. Il faut alors se mettre à soutenir notre corps dans ses fonctions d'élimination, pour améliorer notre santé. Nous verrons ce que l’on appelle l’entonnoir de drainage, c’est-à-dire l’ordre logique de progression à respecter pour correctement « ouvrir » chaque porte, et pourquoi cet ordre précis.

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