Parlons un peu des infections fongiques intestinales...

Qu'est-ce que la candidose ?

Candida albicans est une levure normale présente chez chacun de nous. Il est inoffensif à des niveaux normaux. La candidose digestive est une condition médicale causée par une surpopulation de la levure Candida albicans dans le tractus gastro-intestinal. Cette condition peut causer de nombreux symptômes tels que des douleurs abdominales, de la diarrhée ou constipation, des ballonnements et des gaz, ainsi que des fringales et de la fatigue...

Les facteurs qui peuvent contribuer à développer une candidose digestive comprennent un système immunitaire affaibli, un régime alimentaire riche en sucre et en gluten, la prise de médicaments tels que les antibiotiques, et le stress principalement. Le traitement de la candidose digestive peut inclure la modification de l'alimentation pour éliminer les aliments qui nourrissent la croissance de la levure, ainsi que la prise d'antifongiques pour réduire la population de levures. Il est également utile de prendre des mesures pour renforcer le système immunitaire, telles que l'exercice régulier, la gestion du stress et la consommation d'aliments riches en probiotiques. Si tu penses avoir une candidose digestive, il est important de consulter un médecin pour un diagnostic et un traitement approprié.

Comment se produit la prolifération de candida?

Candida est normalement contrôlé par notre flore commensale (microbiote) et le système immunitaire, mais certaines conditions peuvent permettre à la levure de proliférer de manière incontrôlable, entraînant une candidose .

L'utilisation excessive d'antibiotiques et certains troubles de santé et thérapies qui altèrent le système immunitaire font partie des facteurs de risque de candidose.

Facteurs de risque menant à la prolifération du candida

Il existe d'autres facteurs, moins courants et complexes.

Pourquoi la prise d'antibiotiques crée un risque de prolifération du candida albicans ?

Les antibiotiques utilisés pour traiter les infections peuvent potentiellement détruire les micro-organismes bénéfiques qui permettent de maintenir le candida albicans à des niveaux sains. Cela provoque un déséquilibre dans le corps, ce qui rend plus sensible à la prolifération du candida albicans.

Principaux problèmes de santé causés par la prolifération de candida

Comment lutter contre la prolifération de candida

J'ai consacré un webinaire entier à ce sujet, que tu peux dès à présent retrouvé sur Atavi : Décoder la candidose digestive. Dans ce webinaire, je t'explique en détail comment et pourquoi le candida albicans passe de sa forme inoffensive à celle pathogène (il est important de comprendre les rouages pour mieux traiter cette condition), les facteurs aggravants et déclenchants (dont certains qui ne sont jamais évoqués), les analyses à effectuer et toute la stratégie fonctionnelle que j'ai utilisée avec succès auprès de mes patients. Tu apprendras qu'il est important de procéder par étapes et que la candidose peut être une condition difficile à traiter si ces mêmes étapes ne sont pas respectées et suivies dans l'ordre.

Connexion de la prolifération de candida et SIFO

La recherche a montré qu'environ 97% des champignons trouvés dans SIFO étaient des espèces du genre candida.

Candidose et œstrogènes

En regardant spécifiquement le vagin, l'hormone œstrogène épaissit la muqueuse vaginale et provoque la production de mucus. Ce mucus est un excellent aliment pour les lactobacilles, ainsi, chez la plupart des femmes non ménopausées, on trouve le vagin bien peuplé de lactobacilles.

Ces lactobacilles occupent de l'espace et « surpassent » ou contrôlent la levure Candida en lui refusant de l'espace pour se développer et de la nourriture à manger.

Si l'on prend des antibiotiques, presque tous les lactobacilles seront tués. En conséquence, Candida peut maintenant se développer car il a à la fois l'espace et la nourriture. Cela provoque un muguet vaginal (mycose vaginale).

La même chose se produit exactement au niveau de l'intestin. D'ailleurs, la pilule contraceptive pourra favoriser une candidose car il y a une trop grande manipulation des hormones sexuelles. Les antibiotiques ne sont pas les seuls médicaments à poser problème malheureusement.

Qu'est-ce que le SIFO

L'acronyme SIFO signifie Small Intestinal Fungal Overgrowth. Il s'agit d'une condition au cours de laquelle l'intestin grêle est envahi par des champignons, donc une mycose intestinale. Le SIFO provoque fréquemment une grande gêne gastro-intestinale et est encore très mal connu (et reconnu) par la médecine allopathique. La prolifération fongique gastro-intestinale peut survenir chez les personnes en bonne santé et chez celles dont le système immunitaire est affaibli.

Il est estimé que 25% des personnes présentant des symptômes gastro-intestinaux inexpliqués pourraient avoir un SIFO. Les champignons opportunistes les plus courants dans le SIFO sont des espèces du genre candida.

Symptômes du SIFO

Facteurs de risque

La prolifération de champignons, en particulier les espèces de candida, est courante chez certains groupes de personnes, tels que :

D'autres mécanismes peuvent être en jeu, comme une hypothyroïdie.

Problèmes de santé causés par le SIFO

Traitement SIFO

Nous sommes tous couverts de bactéries et, dans une moindre mesure, de virus, de levures (comme le candida), de champignons et de parasites.

Chaque fois que l'on modifie le microbiome - intestin, vaginal, cutané - en donnant des antibiotiques, quelque chose non tué par les antibiotiques prendra davantage de place et se développera pour occuper l'espace désormais libre et l'approvisionnement alimentaire.

Candida albicans est une levure. Les levures ont un métabolisme entièrement différent de celui des bactéries, de sorte que les antibiotiques qui ciblent les bactéries ne tuent pas les levures. L'inverse s'applique également. Les antibiotiques qui ciblent les levures ne tuent pas les bactéries.

C'est pourquoi la stratégie est différente. Il existe d'excellentes alternatives aux médicaments antifongiques tels que certaines plantes et acides. L'alimentation est aussi un pan ultra important à ne pas négliger, mais également toutes l'hygiène de vie (qualité de l'eau, aliments bio, bon sommeil, techniques de gestion du stress, équilibre de la glycémie). N'oublions pas non plus les biofilms (pour en savoir plus, tu as l'article Comprendre ce que sont les biofilms) qu'il faut "casser" pour détruire plus facilement l'infection fongique.

Les troubles digestifs peuvent rendre la vie tout bonnement insupportable. Ayant moi-même été victime de troubles digestifs, je te comprends totalement et je suis là pour te rappeler que ce n'est pas une fatalité, puisque je n'ai absolument plus rien depuis que j'ai compris et corrigé les causes profondes de ces troubles invalidants. Donc, tu peux y parvenir aussi. Je te donne dans cet article toutes les pistes à envisager, qui pourraient expliquer tes problèmes de digestion.

Ton alimentation ne t'est pas adaptée

C'est la première des choses à évaluer. Malheureusement, nous ne sommes pas tous égaux face à de nombreux aliments, et ce en raison de notre génétique, de notre environnement, de nos sensibilités alimentaires propres et de notre microbiote. Aussi, si tu es né par césarienne et également si tu n'as pas été allaité, le risque de développer des troubles digestifs est plus important.

Certaines catégories d'aliments sont moins digestes chez la plupart des gens, que d'autres. Typiquement, beaucoup de personnes se trouvent soulagées dès lors qu'elles réduisent, voire suppriment, leur consommation de produits céréaliers contenant du gluten. L'intolérance au gluten est loin d'être un effet de mode, c'est un problème réel et qui pourrait te concerner. Pour ma part, son éviction m'a grandement aidée, mais n'a pas tout résolu.

Les légumineuses peuvent aussi être en cause, même si ces dernières sont germées ou fermentées. Tous les systèmes digestifs ne sont pas suffisamment efficaces pour briser l'enveloppe des graines. Pour ma part, leur éviction m'a aussi beaucoup apporté de confort digestif.

Les produits laitiers sont souvent incriminés, et supprimés à tort dans beaucoup de cas. J'avais personnellement supprimer tous les produits laitiers en même temps que le gluten. Etant donné que j'ai expérimenté rapidement une nette diminution de mes symptômes (ballonnements, flatulences, douleurs), j'étais partie sur l'idée que je devais m'en priver à vie. Ce que je ne savais pas à l'époque était que si je réglais ma porosité intestinale, la consommation de produits laitiers ne serait plus un problème. J'ai compris cela bien plus tard, donc je t'en fais part pour te faire gagner du temps 😉

Mes soucis digestifs étaient également dus à un stress chronique intense, dont je te parle dans la partie suivante.

Mais avant, le microbiote intestinal. Pan très important de la digestion, à cultiver un maximum, est un incontournable. Le sujet qu'est le microbiote intestinal est extrêmement vaste, il m'est impossible de m'étendre ici. Retiens en revanche que plus il est diversifié, mieux c'est. A contrario, un microbiote appauvri signe souvent des troubles digestifs et autres pathologies, comme je l'explique dans les articles suivants : Intestin poreux, cerveau poreux et maladies neuropsychiatriques 1/2 et Intestin poreux, cerveau poreux et maladies neuropsychiatriques 2/2. Les aliments fermentés sont un excellent point de départ pour travailler la flore (vive la choucroute alsacienne !)

Tu es stressé chronique

Le stress a tout un tas d'effets sur l'organisme qui sont délétères si la situation perdure. Notre corps est naturellement équipé pour faire face au stress, dans le cadre de situations urgentes, qui impliquent notre survie. Par exemple, si tu es coursé par un lion, tu vas sécréter des hormones comme le cortisol et l'adrénaline, dont l'objectif est de te permettre de fuir plus vite pour te sauver. Malheureusement, notre organisme ne fait pas la différence entre un lion qui nous course, et le stress vécu et perçu au quotidien. Les effets physiologiques sont les mêmes, et même pires ! Puisque si tu es stressé tous les jours, comme je l'étais à l'époque, cela signifie qu'il y a très peu de moments où ton corps à l'occasion de retourner à un équilibre. Le problème dans tout ça, c'est que ta digestion est largement régie par ton système nerveux, système nerveux lui-même impacté par ton stress chronique.

Il s'agit donc d'une priorité à considérer pour tes troubles digestifs. C'est pourquoi, Marine et moi-même te proposons le webinaire L'intérêt du système nerveux pour une bonne santé, et également ma petite fiche Activer son système nerveux parasympathique pour te permettre d'avoir des bases très solides de travail (et pour voir des améliorations !).

Une chose en particulier que ton stress peut altérer, ce sont tes sécrétions digestives, qui dans des conditions normales te permettent de bien digérer ce que tu manges. Par exemple :

Tous ces éléments sont sécrétés grâce à de multiples mécanismes, mais dont le système nerveux est l'un principal.

Tu as des troubles hormonaux

Les troubles hormonaux et troubles digestifs, c'est un peu l'histoire de l'œuf et de la poule. Qui commence ? Qui entretient qui ? Il n'est jamais facile de le savoir. C'est pourquoi tenir compte des deux et chercher à tout améliorer en même temps est selon moi la meilleure stratégie.

Toutefois, les premières hormones à regarder en cas de troubles digestifs chroniques, ce sont les hormones thyroïdiennes, et globalement le fonctionnement de la glande thyroïdienne. En effet, nos hormones thyroïdiennes sont très fortement impliquées dans la gestion d'une bonne digestion. Par exemple, elles jouent elles aussi un rôle dans la sécrétion des sucs digestifs. Typiquement, les personnes atteintes d'hypothyroïdie présentent souvent une insuffisance de production et de sécrétion de la bile. La bile est un élément précieux permettant de favoriser la digestion des matières grasses que nous mangeons. Elle est aussi capitale pour conserver une flore intestinale saine et pour la formation des selles. Il est assez courant d'observer un SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth) chez les personnes atteintes d'hypothyroïdie (que ce soit Hashimoto ou autre).

L'hyperthyroïdie aura tendance à accélérer le transit, ce qui n'est pas franchement mieux car ce sont des personnes qui absorbent très mal ce qu'elles mangent, ont un transit accéléré avec parfois de la diarrhée (et donc pertes d'eau et de minéraux importantes) et qui présentent des carences en plusieurs micronutriments.

D'un autre côté, des affections telles que l'endométriose ou le SOPK peuvent aussi causer des troubles digestifs (davantage l'endométriose tout de même). Nos hormones sexuelles féminines ont aussi des actions sur notre sphère digestive, et cela même sans parler de maladie. De nombreuses femmes peuvent témoigner que leur digestion est différente selon le moment de leur cycle menstruel. Un déséquilibre des hormones sexuelles pourrait être ta cause, et inversement, tes troubles digestifs peuvent entretenir un déséquilibre des hormones sexuelles.

Mais qu'est-ce qui pourrait créer une dysbiose ?

Tu souffres d'une infection ou infestation

L'intestin peut être affecté par des éléments pathogènes indésirables, ou la prolifération de certaines espèces qui sont normalement présentes en quantités strictes et contrôlées. La catégorie des infections et infestations du système digestif est un sujet extrêmement vaste, dont je te résume ici les grandes lignes :

Donc, comme tu peux le constater, les possibilités sont larges, et bien souvent plusieurs choses sont imbriquées. Il n'est absolument pas normal que ta digestion te fasse souffrir, chaque symptôme est à considérer et devrait être pris au sérieux par les professionnels de santé. Et même si la question peut sembler tabou pour beaucoup d'entre nous, il ne faudrait surtout pas hésiter à en parler. Trouve un thérapeute de confiance, avec qui tu te sens à l'aise et dont les compétences pourront te soulager. Chez Atavi.fr, on t'aide à faire du lien, à comprendre ton corps (donc le système digestif), te conseiller sur notre forum et on te guide à travers nos cours, webinaires et podcasts pour que tu deviennes plus armé et autonome.

Il existe de plus en plus de preuves de la présence d'un important axe intestin-thyroïde, et à quel point les changements dans l’alimentation et l’hygiène de vie ont une influence positive. Un microbiote intestinal sain a non seulement des effets bénéfiques sur l'activité du système immunitaire, mais aussi sur la fonction thyroïdienne. Les maladies thyroïdiennes et intestinales coexistent très souvent : la thyroïdite de Hashimoto et la maladie de Basedow sont les plus courantes. Ces maladies auto-immunes de la thyroïde ont été depuis longtemps liées à la maladie cœliaque et à la sensibilité au gluten non cœliaque (SGNC). C’est pourquoi l’éviction du gluten permet à la plupart des personnes atteintes de ces maladies d’obtenir rapidement des effets positifs sur leurs symptômes. Si la paroi de l’intestin devient poreuse (endommagée, inflammée), alors certaines molécules antigéniques peuvent passer dans l’organisme, alors qu’elles ne le devraient pas, et vont déclencher une réaction du système immunitaire. Et concernant la composition du microbiote, abrité majoritairement par notre gros intestin, il a la capacité d’influencer la disponibilité des micronutriments que nous consommons et qui sont essentiels à la fonction thyroïdienne (zinc, sélénium, fer…). Ces éléments-là font souvent défaut à la personne atteinte d’un problème de thyroïde, mais également pour la fonction immunitaire qui est pourtant si importante dans le cadre des maladies auto-immunes. Voyons de façon détaillée ces enjeux.

Qu’est-ce que le Microbiote ?  

La nécessité d’un microbiote sain

Notre corps abrite une multitude de microorganismes présents à différents endroits, mais c’est au niveau du côlon qu’est concentrée la majorité du microbiote. Cet écosystème comprend des bactéries, virus, parasites et champignons dans un équilibre fragile. Parmi les souches bactériennes, les Firmicutes et Bacteroides sont majoritaires. Bien entendu, énormément de facteurs influencent la composition : alimentation, environnement, médicaments, stress et sommeil, naissance par césarienne, allaitement ou non, génétique etc.

Un microbiote sain nous permet d’être en bonne santé, en particulier parce que 70 % de notre système immunitaire se trouve au niveau de l’intestin. Notre flore fabrique aussi pour nous certaines vitamines comme les vitamines du groupe B ou la K, ainsi que d’autres molécules telles que le butyrate. Ce dernier est la « nourriture » des cellules du côlon (pour un bon transit intestinal) mais il posséderait également des bénéfices pour la fonction immunitaire. La production de butyrate est favorisée par les fibres alimentaires mais est aussi disponible directement dans certains aliments comme les produits laitiers.

Les probiotiques

Un probiotique est un microorganisme non pathogène ayant des effets bénéfiques pour la santé. Les probiotiques sont donc très intéressants, et l’insertion de davantage de produits fermentés dans son alimentation montre des effets positifs sur les fonctions intestinale, immunitaire et indirectement thyroïdienne.

Des compléments alimentaires de probiotiques ont montré des effets bénéfiques dans les maladies auto-immunes de la thyroïde, en complément d’une alimentation anti-inflammatoire et riche en micronutriments. Les bactéries de notre flore intestinale sont capables de fonctionner comme un « réservoir » et de favoriser la conversion de la thyroxine (T4) en triiodothyronine (T3), la forme bioactive des hormones thyroïdiennes. Un microbiote sain permettrait même de stabiliser le traitement pour la pathologie thyroïdienne, comme le Levothyrox, ce qui fait de la nutrition une thérapie adjuvante importante. Il est donc intéressant de travailler sur l’altération de la composition du microbiote, et ça tombe bien, www.atavi.fr est une plateforme étudiée pour t’éduquer à ta santé et devenir plus autonome 😉

La question du gluten

Différence entre la maladie cœliaque et la sensibilité au gluten non cœliaque (SGNC)

La maladie cœliaque est une maladie auto-immune au cours de laquelle la personne déclenche une réponse immunitaire contre la consommation de gluten (fraction gliadine). S’ensuit alors une inflammation et destruction importantes de la muqueuse et paroi intestinales. Des symptômes importants tels que de gros troubles digestifs (diarrhée, météorismes, constipation…), carences nutritionnelles, grande fatigue et perte de poids doivent alerter. En revanche, la SGNC n’est pas une maladie auto-immune, non allergique, mais est tout de même liée au système immunitaire inné. On observe souvent les mêmes symptômes, résolus par l’arrêt du gluten, voire parfois la nécessité de stopper globalement la consommation de céréales.

D’après des études, et selon mon expérience, les problèmes de santé liés au gluten et les problèmes thyroïdiens coexistent presque toujours. La question d’une réaction croisée, par mimétisme moléculaire serait en jeu, ainsi que l’inflammation de l’intestin qui empêche la bonne absorption des micronutriments essentiels à la fonction thyroïdienne.

Micronutriments, thyroïde et système immunitaire

Tous les minéraux, oligo-éléments et vitamines sont très importants pour la santé et doivent absolument être apportés dans l’alimentation. Certains d’entre eux sont particulièrement impliqués dans la fabrication des hormones thyroïdiennes, la gestion de l’inflammation et de la bonne fonction du système immunitaire.

Le fer

Il s’agit d’un élément capital pour la thyroïde. Le fer à la base de la fabrication de nombreuses enzymes, dont la thyroperoxydase qui permet la synthèse des hormones thyroïdiennes. Sa carence peut donc altérer la fonction thyroïdienne dans le sens d’une hypothyroïdie, et ce déficit peut provenir de multiples choses dont une inflammation intestinale. Également, la carence en fer peut contribuer à limiter le transport, la sécrétion et l’utilisation des hormones thyroïdiennes. Il permet aussi une meilleure utilisation de l’iode. Carences en iode et en fer vont souvent de pair et il est régulièrement observé en parallèle une hausse de la TSH et une diminution de la T3 libre chez les personnes concernées par ces déficits.

Attention toutefois, la supplémentation en fer ou en iode n’est pas anodine et devrait être supervisée par un professionnel de santé. Tu peux également en apprendre davantage sur ces éléments grâce au cours d’atavi.fr

En effet, l’iode peut avoir des effets très délétères dans certains problèmes de thyroïde, et le fer peut grandement poser souci pour ceux ayant des troubles digestifs et inflammatoires. Demande toujours l’avis de ton professionnel de santé.

L’iode

Il est bien connu désormais que l’iode est un composant indispensable des hormones thyroïdiennes. Sans iode, la thyroïde ne peut pas fabriquer ses hormones et cela peut conduire à une hypothyroïdie. Le signe clinique le plus évident est le goitre, une augmentation du volume de la glande thyroïdienne. Les nodules thyroïdiens pourraient dans certains cas être aussi la résultante d’un manque d’iode, et des cancers de la thyroïde. Mais son apport excessif a aussi été lié à des nodules et formes de cancer de la thyroïde, ce qui suggère un équilibre complexe entre l’iode et la santé thyroïdienne.

Aussi, l’administration d’iode dans le cadre d’actes médicaux (comme les agents de contraste à très fortes doses) induirait une forte influence sur le microbiote intestinal, en se liant à des acides aminés et en oxydant des composants cellulaires.

D’un autre côté, l’absorption et utilisation de l’iode par la thyroïde peuvent être perturbées par les goitrogènes, qui ont valu une mauvaise réputation à la famille des choux, qui seraient à éviter dans le cadre de pathologies thyroïdiennes. Pour autant, une consommation raisonnable ne devrait pas être problématique. Parmi les goitrogènes connus, notons le thiocyanate et le perchlorate.

Les halogènes tels que le brome, le fluor, le chlore vont aussi inhiber l’absorption de l’iode par la thyroïde.

Le sélénium

Le sélénium est capital à la fois pour la bonne fonction du système immunitaire, mais également pour la glande thyroïdienne et les enzymes responsables de la conversion des hormones thyroïdiennes, appelées désiodases. La glande thyroïdienne est l’organe du corps humain qui concentre le plus de sélénium, et pour une raison bien précise : le sélénium au sein de la glande thyroïdienne est un puissant antioxydant, en participant à la synthèse du glutathion peroxydase et de la thiorédoxine réductase, des enzymes qui protègent du stress oxydatif (radicaux libres produits lors de la synthèse des hormones thyroïdiennes, ou bien au cours de l’attaque auto-immune par les anticorps antithyroïdiens). Bien que de petites quantités soient suffisantes pour le bon fonctionnement de la glande, la carence peut vite survenir, notamment si l’alimentation n’en apporte pas assez, si l’absorption intestinale n’est pas optimale, ou bien s’il existe un très grand stress oxydatif.

Le sélénium semble avoir des effets sur la flore intestinale, en augmentant la diversité du microbiote.

Dans les troubles thyroïdiens, la carence en sélénium est une constatation courante, avec en parallèle une diminution de l’activité hormonale et enzymatique et une conversion périphérique réduite de la T4 en T3. En particulier, chez les personnes atteintes de maladies auto-immunes de la thyroïde (thyroïdite d’Hashimoto et maladie de Basedow), la supplémentation en sélénium permet bien souvent de réduire les niveaux d’anticorps antithyroïdiens, et d’améliorer les symptômes cliniques.

Le zinc

Le zinc est essentiel pour la fonction thyroïdienne et nécessaire pour les enzymes impliquées dans la conversion des hormones thyroïdiennes. L'enzyme superoxyde dismutase contient du zinc, qui est considéré comme un antioxydant. La carence en zinc affecte la glande thyroïde à plusieurs niveaux : la carence en zinc altère la synthèse de la TRH (hormone thyréotrope issue de l’hypothalamus, qui stimule la TSH), mais aussi de la TSH, de la T3 et de la T4. De plus, il influence la liaison de l’hormone T3 aux récepteurs nucléaires et la liaison de ce récepteur à l'ADN. Les mécanismes possibles de la carence en zinc comprennent une absorption gastro-intestinale altérée. C’est l’un des micronutriments les plus difficiles à remonter chez quelqu’un de carencé, il faut donc s’armer de patience et se faire accompagner pour une posologie optimale. La relation entre le zinc et les troubles thyroïdiens semble être réciproque, étant donné que l'hypothyroïdie entraîne une carence en zinc et qu'une supplémentation insuffisante en zinc provoque une hypothyroïdie.

Quant à l’intérêt du zinc pour le système immunitaire, il n’est plus à prouver et cela a largement était mis en lumière lors de crise pandémique de Covid-19.

Vitamine D

La vitamine D, dont l’action biologique est plutôt hormonale, est particulièrement connue pour ses effets positifs sur le système immunitaire et les maladies auto-immunes. Grâce à ses effets immunomodulateurs, le calcitriol (forme biologiquement active de la vitamine D) préviendrait l’auto-immunité ou soutiendrait une personne atteinte d’une maladie auto-immune, à travers ses effets immunorégulateurs et tolérogènes, pathologies thyroïdiennes comprises. Mais inversement, une hypothyroïdie semble être corrélée à de faibles niveaux de vitamine D, peut-être à cause d’un métabolisme altéré ou d’une moins bonne absorption intestinale.

Cancer de la thyroïde et nodules thyroïdiens 

Le microbiote intestinal chez les patients atteints de cancer de la thyroïde et de nodules thyroïdiens présente une richesse microbienne plus élevée et une composition distincte par rapport au groupe témoin sain, ce qui indique que le microbiote intestinal est corrélé au cancer de la thyroïde et aux nodules. Des agents pathogènes opportunistes peuvent coloniser les patients souffrant d'une maladie thyroïdienne. Plusieurs études ont démontré que la dysbiose du microbiote pouvait être causée par des processus inflammatoires et divers types de cancer.

Dans le cancer de la thyroïde, l'abondance relative des ClostridiaceaeNeisseria et Streptococcus est significativement plus élevée, tandis que dans les nodules thyroïdiens, Streptococcus et Neisseria ont relativement augmenté par rapport aux groupes témoins sains. Les Clostridiaceae ont apparemment des effets cancérigènes, Streptococcus entraîne un risque plus élevé d'adénomes et de carcinomes, et Neisseria a été associée à des troubles inflammatoires et à des maladies pancréatiques. Compte tenu de la forte prévalence des nodules thyroïdiens et du cancer, ces trois genres pourraient jouer un rôle dans la carcinogenèse thyroïdienne. Cependant, Lactobacillus est significativement diminué dans les groupes de cancer de la thyroïde et de nodules. Ce genre est important pour divers oligo-éléments dans les cellules humaines, tels que le sélénium, qui a des effets antioxydants et protecteurs sur la glande thyroïde, impliquant que le manque de lactobacilles peut provoquer un stress oxydatif plus élevé dans la glande thyroïde. Il convient de noter que l'iodure n'est pas seulement suggéré comme étant un antioxydant, mais aussi un antinéoplasique, un antiprolifératif et un cytotoxique dans le cancer humain. Ainsi, des altérations de l'expression de l'iodure peuvent être associées au développement tumoral d'une manière dépendante du type de cancer.

Conclusion

Il existe de plus en plus de données sur l'existence d'un axe thyroïde-intestin fort. Ce lien est une corrélation peu discutée en consultation, mais pourtant importante et prometteuse pour étudier de nouvelles thérapeutiques pour les maladies affectant la glande thyroïdienne. De plus, il existe une prévalence plus élevée de la coexistence de maladies liées à la thyroïde et à l'intestin, tout comme la thyroïdite de Hashimoto - la maladie de Basedow et la sensibilité à la maladie cœliaque et sensibilité non cœliaque au gluten (SNCG). La dysbiose est une constatation courante dans les troubles thyroïdiens. D'une part, elle altère la réponse immunitaire en favorisant l'inflammation et en réduisant la tolérance immunitaire, en endommageant la barrière intestinale et en provoquant une augmentation de la perméabilité intestinale, ce qui entraîne à nouveau non seulement une forte exposition aux antigènes, mais également une inflammation locale. D'autre part, elle peut avoir un impact direct sur les niveaux d'hormones thyroïdiennes par la perturbation de la conversion intestinale de la thyroxine en triiodothyronine. Le microbiote intestinal influence également l'absorption des micronutriments importants pour la thyroïde, notamment l'iode, le sélénium, le zinc et le fer. Tous sont essentiels à la fonction thyroïdienne et il existe un lien clair entre le dysfonctionnement thyroïdien et les niveaux altérés de ces oligoéléments. Par exemple, une carence en iode peut entraîner un goitre, vraisemblablement des nodules thyroïdiens et même un cancer folliculaire de la thyroïde. Un apport élevé en iode peut induire une hypothyroïdie ou une hyperthyroïdie chez les patients sensibles. Le fer est essentiel à la croissance bactérienne, la disponibilité du fer influence la composition du microbiote, et en même temps, le microbiote influence la disponibilité du fer.

Compte tenu des différents effets potentiels du microbiote et des micronutriments sur les fonctions thyroïdiennes et les médicaments, de nouvelles stratégies thérapeutiques de prise en charge des maladies thyroïdiennes pourraient être établies et plus spécifiquement adaptées aux patients, en fonction de leur composition bactérienne intestinale. De futures études humaines suffisamment puissantes seraient nécessaires pour évaluer l'impact du microbiote intestinal sur la fonction et les maladies thyroïdiennes.

Knezevic J, Starchl C, Tmava Berisha A, Amrein K. Thyroid-Gut-Axis: How Does the Microbiota Influence Thyroid Function? Nutrients. 2020 Jun 12;12(6):1769. doi: 10.3390/nu12061769. PMID: 32545596; PMCID: PMC7353203.

Je te propose dans ce cours de découvrir le système digestif dans sa globalité. Je t'explique quels organes le composent et travaillent ensemble pour nous permettre de digérer ce que nous mangeons. Cette présentation est à destination des débutants puisqu'il s'agit de découvrir le fonctionnement du système digestif si ce sujet ne t'est pas familier. J'aborde rapidement la cavité buccale, l'œsophage, l'estomac, les glandes digestives annexes que sont le foie, vésicule biliaire et le pancréas, l'intestin grêle et enfin, le côlon. Si tu es novice, une fois que tu auras visionné et assimilé les notions de ce cours, tu auras la possibilité de regarder les cours qui sont dédiés spécifiquement à chaque organe.

Découvre les principales raisons responsables de l’échec du traitement de la candidose digestive d’après mon expérience de thérapeute. La candidose digestive est une infection fongique de la sphère digestive, qui peut malheureusement se généraliser à d’autres organes si elle n’est pas correctement prise en charge. Parmi les symptômes les plus courants, on retrouve le brouillard mental, envies irrépressibles d’aliments sucrés, une grande fatigue, une congestion nasale, des céphalées, une prise de poids ou impossibilité à en perdre, des problèmes de peau et douleurs articulaires, un muguet buccal et un affaiblissement des autres flores du corps. La clé de voûte d’un protocole anti-candidose réside dans son application par étapes. La priorité doit être donnée au travail sur les émonctoires. Également, les antifongiques doivent être systématiquement accompagnés d’agents anti-biofilms et chélateurs de biotoxines, sans quoi, les chances de récidives sont très fortes. Pour aller plus loin, rends-toi dans la section « ressources » pour trouver mon protocole anti-candidose et souviens-toi de rester patient et assidu pour réussir.

Si tu as une infection ou une prolifération parasitaire/bactérienne (SIBO)/à levures (SIFO), en particulier celles qui ont des antécédents de résistance au traitement, il est très probable que tu aies une infection associée aux biofilms. Environ 80 % de toutes les infections gastro-intestinales sont causées et entretenues par des biofilms. D’ailleurs, beaucoup d’autres pathologies seraient liées aux biofilms d’après la recherche. En particulier, il est estimé que 40 à 50 % des récessions gingivales chez les adultes seraient liées aux biofilms. Les biofilms sont également des colonisateurs de dispositifs médicaux : prothèses mammaires, stents, cathéters, lentilles de contact, valves aortiques... Egalement, un lien a été établi avec les colites, vaginites, urétrites, conjonctivites, otites. Pourtant, le sujet est par exemple très bien connu des dentistes : la plaque dentaire est du biofilm dentaire. Mais la cavité orale est loin d’être un réservoir unique, au contraire. Notre intestin est une grande zone à risque d’en développer et une infection intestinale devrait comporter une stratégie anti-biofilm pour venir à bout des troubles tenaces. Deux caractéristiques rendent les infections aux biofilms chez l’humain particulièrement difficiles à traiter :

Que sont-ils ?

Une « communauté » bactérienne

Les bactéries ont tendance à « flotter » librement sous forme planctonique (individuelle). Lorsque ces bactéries individuelles se fixent à une surface, comme le tractus gastro-intestinal, elles s'agglutinent en une colonie. Les colonies plus grandes peuvent contenir différentes espèces (levures, parasites…), créant des structures très complexes, prémices de la matrice. Cette matrice forme une sorte de bouclier autour de l'amas, ce qui permet aux micro-organismes de se cacher à l'intérieur. Ils sont ainsi difficiles à détecter lors des tests et protégés des agents antimicrobiens. Le traitement des infections aiguës est généralement dirigé contre les formes planctoniques – ces formes individuelles qui sont donc très facilement accessibles par les agents antimicrobiens adéquats. Mais une fois que ces micro-organismes sont au sein du biofilm, l'infection devient chronique et extrêmement résistante aux traitements, voire aux défenses de l'organisme - le système immunitaire.

Comme tu peux le voir ici, un biofilm est donc similaire à une communauté, un assemblage de différents microorganismes qui s’unissent pour former un environnement protecteur, quasi immunisant. Cette sorte d’abri visqueux les rend indétectables aux analyses et leur permet de se reproduire, réunir des nutriments pour prospérer et se propager. Au sein d’un biofilm, les microorganismes ne sont pas atteignables par nos globules blancs. Notre système immunitaire les détecte, mais il ne peut pas les atteindre, ce qui peut entraîner des conditions auto-immunes.

La mise en place d’un biofilm englobe des mécanismes très complexes qui continuent d’être étudiés pour mieux percer le phénomène et le contrecarrer.

Une génétique propre

La recherche a montré des différences phénotypiques importantes entre les bactéries planctoniques et celles fixées. Les bactéries des biofilms montrent une expression génétique différente et particulière, après qu’elles se soient attachées à une surface. C’est ce que l’on appelle un « phénotype de biofilm ». Elles deviennent morphologiquement et biochimiquement distinctes de leurs homologues flottantes.

En particulier, leurs gènes se modifient pour leur permettre de synthétiser des protéines qui vont faciliter leur attachement et agrégation en micro-colonies, ainsi que leur communication.

Cette modification protéique est ce qui rend les biofilms inattaquables par les bactéricides.

Un système de communication unique

Et là on entre dans un sujet fascinant…

On sait désormais que les bactéries communiquent entre elles grâce à un système de communication particulier appelé quorum sensing (détection du quorum). Ce type de communication n’est pas propre aux bactéries, en réalité, tout micro-organisme aurait la capacité de « discuter » avec ses semblables environnants. Le quorum sensing permet à un microbe d’être invité par ses congénères à les rejoindre pour former les micro-colonies, et in fine un biofilm. Ils travaillent ainsi en équipe pour constituer leur bunker.

Les progrès récents de la recherche ont permis d’identifier des petites molécules libérées par les bactéries du biofilm, capables de rameuter celles voisines. Cette signalisation chimique est réalisée par plusieurs types de molécules, dont les plus communes sont les acyl homosérine lactones (AHL). On nomme ces molécules de communication interbactérienne les autoinducteurs (AI). Elles peuvent diffuser à travers la membrane bactérienne pour induire chez la destinataire la transcription de ses gènes cibles afin qu’elle rejoigne le biofilm, phénomène dont on a parlé précédemment.

Au fur et à mesure que les bactéries sont recrutées et croissent, les AHL s’accumulent. Lorsqu’un certain seuil est atteint, cette concentration déclenche la transcription de gènes spécifiques de toute la population. Cette régulation permet la coordination du comportement de la population bactérienne en tant que groupe uni pour réaliser les mêmes fonctions, comme la libération d’enzymes et toxines.

Une structure ingénieuse

Ces bactéries vivent dans des micro-colonies, des sortes d’amas cellulaires dont le tout forme le biofilm. Ces micro-colonies sont englobées dans une matrice composée d’exopolysaccharides (EPS) et elles sont séparées par des canaux d’eau qui agissent comme un système circulatoire pour la livraison des nutriments, de l’oxygène et pour l’élimination des déchets. Au sein d’un biofilm, chaque bactérie occupe un microenvironnement spécifique, qui est déterminé par les cellules environnantes, la proximité d’un canal (les 2 déterminent le pH et la disponibilité des nutriments et de l’oxygène), et la matrice EPS. La structuration des biofilms dans les micro-colonies et les canaux d’eau ont été démontré comme influencés par le débit de liquide, la composition nutritionnelle et les petites molécules messagères intercellulaires qui sont utilisées pour la communication bactérienne.

La matrice EPS permet de renforcer la structure du biofilm et ralentit la pénétration d’antibiotiques et de biocides. Concernant certaines molécules solubles, elles peuvent diffuser librement à travers la matrice et être utilisées directement par les bactéries. On observe tout de même au sein d’un biofilm un gradient de nutriments et d’oxygène (au sommet) indiquant un environnement plutôt aérobie. Au fond, le contexte est plutôt anaérobie, ce qui suggère que l’état métabolique d’une bactérie au sein d’un biofilm dépend d’où elle se trouve dans la structure.

Mécanisme général de la tolérance du biofilm aux différents agents antimicrobiens

Le naturel plus efficace que le synthétique

Avec toutes ces stratégies redoutables dont dispose un biofilm, on comprend mieux la difficulté grandissante expérimentée face à l’antibiorésistance. Les bactéries et autres pathogènes disposent d’un bouclier redoutable contre l’action biocide des traitements allopathiques et agents antimicrobiens naturels. Les chercheurs tentent d’identifier quelles molécules permettraient de faciliter l’atteinte de cette structure, ainsi que la façon d’altérer leur mode de communication ingénieux.

Il semblerait que des agents naturels soient la meilleure réponse. Sans effets secondaires, ni résistance, la stratégie la plus efficace est de cibler les étapes primaires de formation du biofilm : l’attachement à une surface et le développement de la structure grâce au quorum sensing. Trois classes de composés naturels semblent avoir de puissantes propriétés anti-biofilm :

Bien que les infections à biofilm ne présentent pas de symptômes spécifiques, il existe des indices clairement évidents de leur pathogénicité. A partir du moment où un traitement n’est pas efficace – c’est-à-dire que l’infection est récidivante, et assez rapidement - alors cela indique que les biofilms ont bel et bien empêché avec succès le travail des agents antimicrobiens. Aussi, un autre signe peut être le fait de voir apparaître différentes infections, à la fois sur les résultats d’analyses et en termes de symptômes cliniques. Cumuler plusieurs infections est un indice clairement évident. En particulier, la maladie de Lyme et ses co-infections, la candidose, le SIBO ou l’intoxication aux mycotoxines sont des affections particulièrement difficiles à traiter à cause des biofilms formés. Il n’y a jamais un seul coupable en jeu, n’oublie pas que les pathogènes s’entraident parce qu’eux aussi veulent survivre. Pour toute pathologie, plus l’utilisation de médicaments (comme l’antibiothérapie) aura été poussée, plus le traitement naturel sera long. Cependant, il s’agit de la seule véritable solution. De nombreux principes actifs et enzymes issus des plantes s’attaquent aux biofilms par des mécanismes d’action spécifiques et agissent à large spectre, tout en respectant notre flore. Ces stratégies thérapeutiques en santé fonctionnelle sont capitales dans la prise en charge des personnes atteintes d’infections chroniques.

Mishra, Rojita et al. “Natural Anti-biofilm Agents: Strategies to Control Biofilm-Forming Pathogens.” Frontiers in microbiology vol. 11 566325. 29 Oct. 2020, doi:10.3389/fmicb.2020.566325

Davies, David. “Understanding biofilm resistance to antibacterial agents.” Nature reviews. Drug discovery vol. 2,2 (2003): 114-22. doi:10.1038/nrd1008

https://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/10345/MS_2019_01_31.html?sequence=22&isAllowed=y

https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2003/01/medsci2003191p77/medsci2003191p77.html

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